Plus de 150 millions de personnes suffoquent vendredi sous une chaleur accablante dans l'est des Etats-Unis, dont New York et Washington, la canicule risquant de peser sur le Mondial de football et les célébrations du 250e anniversaire du pays.
Alors que les Etats-Unis observent un jour férié en amont de leur fête nationale, les autorités alertent sur les températures extrêmes attendues dans plusieurs grandes villes, où des records journaliers ont déjà été battus la veille.
Combinée à un air très humide, la chaleur ressentie devrait ainsi atteindre les 45°C à New York et Washington et atteindre les 40°C à Boston et Philadelphie.
"Ce niveau de chaleur peut être mortel pour ceux qui ne disposent pas d'un système de climatisation adéquat et qui ne s'hydratent pas suffisamment", a prévenu le service météorologique (NWS) de l'Etat de New York.
A Brooklyn, Daniel Jefferson, 39 ans, casquette sur la tête, s'affaire malgré la chaleur à descendre des cartons d'aliments dans la cave d'un restaurant.
"Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vécu ça à New York", assure ce livreur à l'AFP, se plaignant d'une chaleur "complètement dingue" qui le "fatigue".
- Trouble-fête -
Cette "vague de chaleur dangereuse et record" frappe la moitié est des Etats-Unis depuis le milieu de la semaine et devrait se poursuivre dans plusieurs régions jusqu'à samedi, jour du 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance américaine, et provoquer vendredi et samedi de violents orages.
Alors que de nombreux événements en plein air sont prévus à cette occasion, la météo pourrait jouer les trouble-fêtes.
A Washington, la tenue d'un grand concert devant le Capitole semblait menacée et l'ouverture des festivités a été retardée.
Vendredi, la "grande foire" organisée pour l'occasion sur l'immense esplanade du Mall a été temporairement fermée après que des secouristes ont évacué une jeune femme souffrant d'un coup de chaleur.
Malgré la chaleur écrasante, les gardes nationaux déployés par Donald Trump dans la capitale continuent, eux, tant bien que mal de patrouiller.
Réfugié à l'ombre dans un parc, Lee Hernandez, militaire originaire de Puerto Rico, tentait de se rafraîchir.
Bien qu'habitué aux températures tropicales, cette vague de chaleur lui semble "encore pire" que le climat de son île, dit-il à l'AFP. Et les près de "15 kilos" de matériel qu'il a sur le dos, entre gilet pare-balles et arme, n'arrangent rien.
Pour Nazario, 52 ans, chargé de l'entretien des espaces verts de Washington, la canicule n'a rien changé à son travail. "J'essaie de boire un peu d'eau tout le temps pour ne pas me déshydrater", dit-il à l'AFP, chapeau sur la tête et serviette imbibée d'eau autour du cou.
- Stades sans climatisation -
Cette chaleur étouffante pourrait également peser sur la Coupe du monde de football qui se déroule actuellement aux Etats-Unis ainsi qu'au Canada et au Mexique.
Si quelques stades du Mondial sont équipés d'un toit et d'air conditionné (Atlanta, Dallas ou Los Angeles), beaucoup sont à ciel ouvert, comme celui de Philadelphie, où la France affrontera samedi le Paraguay en huitièmes de finale.
Les équipes de l'Argentine et du Cap-Vert pourraient elles aussi en faire les frais à Miami vendredi, le stade ne disposant pas de climatisation. A 18H00 locales vendredi, heure du coup d'envoi, la température ressentie devrait être de 38°C selon les prévisions.
Bien qu'une majorité de bâtiments aux Etats-Unis soient équipés de systèmes de climatisation et de refroidissement, les canicules font davantage de morts dans le pays que les ouragans et les inondations.
Et cet épisode caniculaire inquiète particulièrement les autorités en raison de sa longueur et de son intensité qui pourraient éprouver la santé des personnes vulnérables et mettre à mal les infrastructures comme les réseaux électriques.
Partout dans le monde, les vagues de chaleur deviennent plus intenses et plus fréquentes en raison du changement climatique, principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz.
Vendredi, les autorités météorologiques américaines alertaient sur la possibilité qu'une vague de chaleur extrême s'abatte sur la moitié ouest des Etats-Unis à partir de mi-juillet.







