Au Mali, la souveraineté est devenue un mot-valise. Un slogan martelé jusqu’à l’usure. À l’occasion de la 4ᵉ édition des Journées de la « souveraineté retrouvée », le Premier ministre de la transition, le Général Abdoulaye Maïga, affirme que « la souveraineté est un combat de tous les jours ». Une phrase creuse, répétée comme un mantra, destinée moins à libérer le peuple qu’à habiller l’échec et masquer la confiscation du pouvoir.
Car derrière la rhétorique guerrière, une réalité s’impose : la junte parle de souveraineté pendant qu’elle prive les Maliens de leur droit fondamental à choisir leurs dirigeants.
La souveraineté appartient au peuple. Pas aux casernes. Pas aux uniformes. Pas à un Conseil de transition sans mandat populaire. En se maintenant au pouvoir sans élections, en repoussant indéfiniment les échéances démocratiques, la junte malienne ne défend pas la souveraineté : elle la confisque.
Comment prétendre incarner la souveraineté nationale quand :
● le pouvoir est exercé sans légitimité électorale,
● les libertés publiques sont restreintes,
● la presse est sous pression,
● et toute voix critique est assimilée à une trahison ?
La souveraineté ne peut pas coexister avec la peur, le silence imposé et l’absence de débat. Ce que la junte appelle souveraineté, ressemble de plus en plus à une prise d’otage politique de la nation.
La junte malienne a trouvé dans le discours souverainiste, un outil redoutablement efficace : tout excuser, tout justifier, tout repousser. Insécurité persistante ? Combat pour la souveraineté. Crise économique ? Prix à payer pour l’indépendance. Isolement diplomatique ? Fierté nationale.
Pendant ce temps :
● des villages brûlent,
● des civils meurent,
● des déplacés s’entassent,
● la jeunesse désespère,
● l’économie s’asphyxie.
La souveraineté brandie par la junte n’a ni rempli les assiettes ni sécurisé les routes ni restauré la dignité quotidienne des Maliens. Elle sert surtout à éviter toute reddition de comptes.
L’appel à l’unité lancé lors de ces journées, n’est rien d’autre qu’un appel à la soumission. Unité, oui, mais derrière le pouvoir. Silence, oui, au nom de la patrie. Obéissance, oui, sous couvert de patriotisme.
Ce chantage permanent à l’unité est dangereux. Il transforme l’opposition politique, la société civile et même la simple critique citoyenne, en ennemis intérieurs. Une nation unie par la peur n’est pas une nation souveraine, c’est une nation muselée.
Le thème de cette édition, « Souveraineté retrouvée, construisons le Mali de demain », sonne comme une provocation. Comment construire l’avenir, en refusant au peuple son présent démocratique ? Comment parler de demain, quand le pouvoir est figé dans une transition sans fin ?
Le Mali de demain ne peut pas être :
● un Mali gouverné durablement par des militaires,
● un Mali où l’exception devient la règle,
● un Mali où la souveraineté sert d’alibi pour l’autoritarisme.
Un pays ne se construit pas contre son peuple, mais avec lui.
À force de la galvauder, la junte est en train de vider la souveraineté de toute substance. Ce qui devait être un idéal d’émancipation, devient un outil de domination politique. Ce qui devait rassembler, devient un instrument de division. Ce qui devait libérer, devient une prison.
La souveraineté ne se proclame pas dans des cérémonies officielles. Elle se prouve par des actes : élections libres, institutions crédibles, libertés garanties, sécurité réelle.
À défaut, la junte malienne restera dans l’Histoire, non pas comme celle qui a restauré la souveraineté, mais comme celle qui a trahi son sens, au nom de sa propre survie politique.”
Mamadou Cissé
( Journaliste spécialiste des idées populistes)
momocissecisse90@gmail.com
Car derrière la rhétorique guerrière, une réalité s’impose : la junte parle de souveraineté pendant qu’elle prive les Maliens de leur droit fondamental à choisir leurs dirigeants.
La souveraineté appartient au peuple. Pas aux casernes. Pas aux uniformes. Pas à un Conseil de transition sans mandat populaire. En se maintenant au pouvoir sans élections, en repoussant indéfiniment les échéances démocratiques, la junte malienne ne défend pas la souveraineté : elle la confisque.
Comment prétendre incarner la souveraineté nationale quand :
● le pouvoir est exercé sans légitimité électorale,
● les libertés publiques sont restreintes,
● la presse est sous pression,
● et toute voix critique est assimilée à une trahison ?
La souveraineté ne peut pas coexister avec la peur, le silence imposé et l’absence de débat. Ce que la junte appelle souveraineté, ressemble de plus en plus à une prise d’otage politique de la nation.
La junte malienne a trouvé dans le discours souverainiste, un outil redoutablement efficace : tout excuser, tout justifier, tout repousser. Insécurité persistante ? Combat pour la souveraineté. Crise économique ? Prix à payer pour l’indépendance. Isolement diplomatique ? Fierté nationale.
Pendant ce temps :
● des villages brûlent,
● des civils meurent,
● des déplacés s’entassent,
● la jeunesse désespère,
● l’économie s’asphyxie.
La souveraineté brandie par la junte n’a ni rempli les assiettes ni sécurisé les routes ni restauré la dignité quotidienne des Maliens. Elle sert surtout à éviter toute reddition de comptes.
L’appel à l’unité lancé lors de ces journées, n’est rien d’autre qu’un appel à la soumission. Unité, oui, mais derrière le pouvoir. Silence, oui, au nom de la patrie. Obéissance, oui, sous couvert de patriotisme.
Ce chantage permanent à l’unité est dangereux. Il transforme l’opposition politique, la société civile et même la simple critique citoyenne, en ennemis intérieurs. Une nation unie par la peur n’est pas une nation souveraine, c’est une nation muselée.
Le thème de cette édition, « Souveraineté retrouvée, construisons le Mali de demain », sonne comme une provocation. Comment construire l’avenir, en refusant au peuple son présent démocratique ? Comment parler de demain, quand le pouvoir est figé dans une transition sans fin ?
Le Mali de demain ne peut pas être :
● un Mali gouverné durablement par des militaires,
● un Mali où l’exception devient la règle,
● un Mali où la souveraineté sert d’alibi pour l’autoritarisme.
Un pays ne se construit pas contre son peuple, mais avec lui.
À force de la galvauder, la junte est en train de vider la souveraineté de toute substance. Ce qui devait être un idéal d’émancipation, devient un outil de domination politique. Ce qui devait rassembler, devient un instrument de division. Ce qui devait libérer, devient une prison.
La souveraineté ne se proclame pas dans des cérémonies officielles. Elle se prouve par des actes : élections libres, institutions crédibles, libertés garanties, sécurité réelle.
À défaut, la junte malienne restera dans l’Histoire, non pas comme celle qui a restauré la souveraineté, mais comme celle qui a trahi son sens, au nom de sa propre survie politique.”
Mamadou Cissé
( Journaliste spécialiste des idées populistes)
momocissecisse90@gmail.com







