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L'école sénégalaise sacrifiée sur l'autel de la rigueur (par Adama Sy)


Rédigé le Mercredi 21 Octobre 2026 à 21:08 | Lu 69 fois | 0 commentaire(s)




Le budget du ministère de l’Éducation nationale passe de 990,8 à 959,5 milliards de FCFA dans le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, soit une baisse de 31,3 milliards. Dans le même temps, les crédits de paiement de la Présidence de la République progressent de 204,5 à 223,8 milliards. Un contraste qui interpelle, alors que l’école sénégalaise fait face à un déficit d’enseignants, à la persistance des abris provisoires et à des tensions syndicales susceptibles de perturber les apprentissages.

​Dans un contexte de fortes contraintes sur les finances publiques, ces évolutions posent une question essentielle : quelles priorités l’État entend-il protéger lorsqu’il revoit ses dépenses ? La hausse des crédits de la Présidence ne signifie pas que les sommes retranchées à l’Éducation nationale lui ont été directement transférées. Elle soulève néanmoins des interrogations sur les choix budgétaires opérés, au regard des besoins persistants du système éducatif.

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​Sur le terrain, le manque d’enseignants, les abris provisoires et l’insuffisance des infrastructures continuent de peser sur les conditions d’apprentissage. À ces difficultés s’ajoutent les revendications des syndicats d’enseignants, notamment celles portées par le G7, qui font craindre de nouvelles perturbations des cours. Dans ce contexte, toute révision budgétaire concernant l’école mérite une attention particulière.

​Quels postes de dépenses seront concernés par cette réduction ? Les recrutements d’enseignants, la construction de salles de classe et les programmes destinés à améliorer la qualité des apprentissages seront-ils préservés ? Quels engagements l’État prend-il pour éviter que les contraintes financières ne se traduisent par une dégradation des conditions d’enseignement ?

​Pour obtenir davantage de précisions sur les postes budgétaires concernés et les éventuelles conséquences de cette révision, nous avons tenté de joindre les services du ministère de l’Éducation nationale, sans parvenir à obtenir de réponse au moment de la rédaction de cette contribution.

​Une baisse des crédits ne signifie pas nécessairement une réduction immédiate de tous les moyens disponibles dans les établissements. Elle appelle toutefois des explications sur les arbitrages retenus et leurs conséquences éventuelles. Les autorités doivent faire preuve de transparence et préciser comment elles entendent préserver les investissements et les programmes essentiels à l'éducation.

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​Les contraintes financières de l’État sont réelles, tout comme le poids de la dette. Mais elles ne font disparaître ni les besoins des établissements ni les attentes des enseignants, encore moins le droit des enfants à apprendre dans de bonnes conditions. La rigueur budgétaire ne saurait dispenser l’État de ses responsabilités envers l’école.

​Une dette peut être rééchelonnée, un budget révisé, mais le temps d’apprentissage perdu par un enfant est difficile à rattraper. Au-delà des milliards et des arbitrages, l’enjeu est de préserver les conditions d’un enseignement de qualité. Chaque journée de cours compte. L’école sénégalaise ne doit pas devenir la variable d’ajustement des difficultés financières de l’État.



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