Dans un contexte marqué par une sensibilité croissante autour des questions de mœurs au Sénégal, l’Union Nationale des Parents d’Élèves et d’Étudiants du Sénégal (UNAPEES) brise le silence. Par la voix de son président, Mamadou Fané, l'organisation appelle à une synergie entre l'État, l'école et surtout la famille pour préserver l'intégrité de l'espace éducatif.
Le débat sur l'homosexualité n'est pas nouveau sous nos cieux, mais l'actualité récente, marquée par des tensions sociales et des prises de position fermes des autorités, a replacé la question au cœur de l'actualité. Pour Mamadou Fané, ce réveil des pouvoirs publics est salutaire. « Nous encourageons les autorités à poursuivre leurs efforts dans ce sens », souligne-t-il, tout en plaidant pour une approche inclusive qui intègre les expertises de la société civile afin d'ériger des remparts contre ce qu'il qualifie de « fléau » au sein des établissements.
L’école, un terrain sous haute surveillance
L’UNAPEES, dont la mission régalienne reste la sauvegarde des intérêts des apprenants, ne se contente pas d'un rôle d'observateur. L'organisation dispose en son sein d'une Commission Règlement des conflits, prévention et santé, véritable bras armé pour traiter les cas de « comportements déviants » signalés sur le terrain.
Toutefois, M. Fané ne cache pas les limites actuelles du dispositif : « Nous éprouvons des difficultés au niveau des associations de base qui n’ont pas toujours les compétences nécessaires pour informer et communiquer efficacement en milieu scolaire ». Un aveu qui souligne l'urgence de renforcer les capacités de communication des parents au niveau local.
La famille, le « premier rempart »
Pour le président de l'UNAPEES, la solution ne viendra pas uniquement de la loi ou de l'administration scolaire. Le pivot de la riposte reste la cellule familiale.
Pour M. Fané, seuls les parents sont en mesure de détecter, "dès les premiers signaux, des changements de comportement suspects chez leurs enfants", insiste-t-il.
Il estime que les "aînés" jouent un rôle important. "L’accent est mis sur la fonction éducative des mères et des tantes. C'est à elles que revient la mission cruciale de sensibiliser les jeunes filles aux transformations physiologiques et aux enjeux de leur identité", rappelle M.Fané.
En conclusion , Mamadou Fané rappelle une vérité fondamentale. "la reconnaissance sociale dont jouissent les parents est un levier puissant qui doit être activé. En faisant de la famille le premier cadre de prévention, l’UNAPEES espère non seulement stabiliser l'environnement scolaire, mais aussi pérenniser les valeurs qui fondent la société sénégalaise".








