Devant les États membres de l’Organisation des Nations unies (ONU), l’ancien président sénégalais Macky Sall a livré un plaidoyer exhaustif pour une refonte du multilatéralisme. Dans un discours fleuve, il a abordé les fractures économiques mondiales, l’urgence sécuritaire en Afrique et son bilan en matière d’égalité des genres, dessinant ainsi les contours d’une gouvernance mondiale qu'il souhaite plus juste et inclusive.
Le cri du cœur pour les pays à revenus intermédiaires
Interpellé par le représentant des Philippines sur le sort des pays à revenus intermédiaires, Macky Sall a mis en lumière une "zone grise" du système financier international. Selon lui, ces nations sont les victimes invisibles des critères de classification actuels. Bien que disposant parfois de ressources minières ou gazières qui boostent leurs statistiques, elles font face, sur le terrain, à des besoins massifs en infrastructures et services sociaux.
« Il y a une forme d’injustice», a-t-il martelé, fustigeant le fait que ces pays perdent l'accès aux financements concessionnels sans pour autant bénéficier de conditions de marché favorables. Pour l'ancien chef d'État, l'ONU doit impérativement corriger ce déséquilibre structurel. Élargissant son analyse au continent africain, il a alerté sur une menace croissante : « Les pays africains deviennent le ventre mou du terrorisme international». Face à ce péril, il appelle à une mobilisation collective et à un renforcement des capacités des organisations régionales comme l'Union africaine.
Droits humains : une diplomatie de l'apaisement
Macky Sall a également plaidé pour un retour aux fondamentaux de la Charte des Nations unies. Dans un monde marqué par des clivages profonds, il propose une approche fondée sur la restauration de la confiance et la réduction des fractures entre les blocs de puissance.
« Parler à tous et écouter tout le monde », telle est la ligne directrice qu’il entend incarner. Pour lui, le leadership onusien de demain doit être capable de bâtir des ponts entre les cultures et les civilisations, au-delà des oppositions traditionnelles entre le Nord et le Sud ou l’Est et l’Ouest. Cette vision s'accompagne d'une volonté de renforcer la diplomatie préventive : agir sur les mécanismes d'alerte précoce pour éviter que les tensions ne se transforment en conflits ouverts. Il a insisté sur le fait que les droits humains, qu'ils soient civils, politiques ou économiques, doivent rester le socle indivisible de toute intervention internationale.
L’égalité des genres : le bilan sénégalais en exemple
Pour clore son intervention sur une note plus concrète, Macky Sall a choisi d'appuyer son discours sur les droits humains par ses propres réalisations nationales durant ses douze années au pouvoir. Il a présenté le modèle sénégalais comme une preuve que la volonté politique peut briser les plafonds de verre.
« En 12 ans, j’ai nommé au Sénégal les premières femmes gouverneures de régions, elles sont aujourd’hui au nombre de trois», a-t-il rappelé avec fierté. Il a également cité la nomination historique d'une femme à la tête de la Police nationale. Au-delà des symboles, il a mis en avant des réformes structurelles profondes : « J’ai fait voter la loi qui permet aux Sénégalaises de transmettre leur nationalité à leurs époux étrangers et à leurs enfants ». Pour Macky Sall, ces avancées législatives et institutionnelles constituent le levier indispensable pour construire une société équitable, un modèle qu'il souhaite désormais porter à l'échelle universelle.








