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Fuguée de son foyer en Mauritanie et violée au Sénégal : 15 ans requis contre l'un des bourreaux de Fatou Fall


Rédigé le Samedi 20 Juin 2026 à 14:12 | Lu 44 fois | 0 commentaire(s)




Fatou Fall avait quitté le foyer où elle vivait en Mauritanie avant de se retrouver au Sénégal. Son parcours a viré au cauchemar lorsqu'elle aurait été victime d'un viol collectif perpétré par trois individus.

Devant la chambre criminelle, le parquet a requis 15 ans de réclusion criminelle contre Abdoulaye Ngom, poursuivi pour complicité de viol et pédophilie sur la jeune Fatou Fall.

À la barre, l’avocat général Camara a retracé le parcours chaotique de la victime présumée. Le 24 août 2020, Fatou Fall est retrouvée dans un état alarmant dans une maison inachevée par une badienou gokh, Khadidiatou Wone. La jeune femme affirme alors avoir été victime d'un viol collectif perpétré par trois hommes.

Selon son récit, à l'enquête préliminaire, elle aurait rencontré un certain Babacar qu'elle avait connu en Mauritanie. Après des heures de discussions, elle a suivi l'un de ses bourreaux dans une maison dont Abdoulaye Ngom a la garde.

Tout aurait commencé après l'ingestion d'une boisson qui lui aurait fait perdre connaissance. À son réveil, elle dit avoir été abusée sexuellement à tour de rôle par ses agresseurs.

Son parcours personnel a été également évoqué à l'audience : mariée à l'âge de 15 ans, elle aurait quitté son foyer après trois années de mariage pour rejoindre le Sénégal.

Le procureur général a, cependant, écarté la qualification de pédophilie. S'appuyant sur les déclarations de la mère de la victime, qui affirme que sa fille était âgée de 19 ans au moment des faits, il estime que Fatou Fall était majeure lorsque les événements se sont produits.

Pour autant, le ministère public considère qu'Abdoulaye Ngom ne peut être exonéré de toute responsabilité. L'accusation souligne sa présence sur les lieux et juge peu crédible sa version des faits. Selon le parquet, l'accusé tente de se soustraire à ses responsabilités pénales en minimisant son rôle dans cette affaire.

« Sa ligne de défense ne saurait résister à l'analyse du dossier », a soutenu le procureur, avant d'inviter le tribunal, à défaut de retenir sa participation directe, à le déclarer coupable de complicité de viol.

Face à ces réquisitions sévères, la défense a plaidé l'insuffisance des preuves. L'avocate d'Abdoulaye Ngom a dénoncé de nombreuses incohérences dans les déclarations de la victime et rappelé que le certificat médical versé au dossier ne faisait état d'aucune trace de violence sexuelle.

Elle a également insisté sur le fait qu'une perte ancienne de l'hymen avait été constatée et qu'aucun élément matériel ne permettait d'établir que son client avait participé à un viol collectif.

« Le véritable violeur n'a jamais été arrêté », a-t-elle lancé, demandant au tribunal une application bienveillante de la loi.

La chambre criminelle va rendre sa décision le 17 juillet prochain.



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