Mieux comprendre comment l’argent façonne les dynamiques politiques et influence les comportements électoraux des jeunes : tel est l’enjeu central d’une nouvelle étude lancée au Sénégal. L’initiative ambitionne d’analyser, de manière scientifique, l’impact des ressources financières sur les processus électoraux et leur influence sur une jeunesse qui constitue aujourd’hui la majorité démographique du pays.
L’objectif affiché est de produire des données fiables permettant d’éclairer le débat public sur le financement politique, d’identifier les mécanismes formels et informels de circulation de l’argent, et de formuler des recommandations en faveur d’une participation citoyenne plus équitable et plus transparente. L’étude examinera comment les ressources financières interviennent dans les campagnes, les mobilisations et les choix des électeurs. Si toute activité politique nécessite des moyens financiers dans un cadre républicain, la recherche s’intéressera également aux pratiques moins visibles pouvant peser sur les décisions individuelles et collectives.
La jeunesse, principal baromètre
Au cœur de cette démarche se trouve la jeunesse sénégalaise. Avec plus de 75 % de la population âgée de moins de 35 ans, elle représente la majorité des inscrits sur les listes électorales et constitue le moteur des mobilisations politiques. L’étude analysera la perception qu’ont les jeunes de l’utilisation de l’argent en politique : est-il perçu comme un simple outil logistique, un facteur d’influence déterminant, un levier d’opportunités ou un mécanisme d’exclusion ?
Comprendre ces représentations est essentiel pour anticiper les comportements électoraux et consolider les bases d’une gouvernance démocratique plus inclusive. Les enquêtes de terrain seront menées à Dakar et dans sa banlieue, mais aussi à Tivaouane, Touba, Matam et Ziguinchor, afin de garantir une diversité territoriale et sociologique.
Une méthodologie inclusive
Des guides d’entretien et des questionnaires structurés seront administrés auprès de différentes franges de la population. Afin d’assurer une participation large, les outils seront traduits en langues nationales : wolof dans plusieurs localités, pulaar à Matam, ainsi que le français et le wolof en Casamance.
Le projet est porté par le cabinet Peace Consult, spécialisé dans les questions de paix, de sécurité et de gouvernance. Son président, le Dr Guy Abdullat, ancien directeur de l’alerte précoce à la CEDEAO, précise que la démarche ne vise « ni à juger ni à stigmatiser », mais à « comprendre, objectiver et éclairer ». Selon lui, l’ambition est d’ouvrir un espace de réflexion collective fondé sur la responsabilité citoyenne. Les résultats attendus devraient nourrir le débat public à l’approche des prochaines échéances électorales.








