La 10e édition du Forum international de Dakar s’est achevée au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD). Le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Cheikh Niang, a dressé le bilan des travaux dont le thème central était : « L’Afrique face au défi de stabilité, d’intégration et de souveraineté : quelles solutions durables ? »
Prenant la parole lors de la cérémonie de clôture, il a salué la qualité des échanges. Il a affirmé un « sentiment » partagé sur l’impératif pour le continent de « prendre son destin en main dans un esprit de solidarité régionale ».
« La souveraineté ne signifie pas l’isolement »
Selon le ministre, cette édition a « consacré la maturité du forum en constituant un moment de vérité » où les fragilités du continent ont été examinées sans complaisance. Cheikh Niang a exposé une conviction issue des échanges en déclarant que la paix en Afrique ne peut être « ni importée, ni déléguée, ni improvisée ». Elle reposerait, selon la synthèse des travaux, sur trois piliers à savoir des institutions légitimes, des économies résilientes et des sociétés inclusives.
Il a averti qu’il ne saurait y avoir de sécurité durable là où la confiance entre l’État et le citoyen est érodée, ajoutant que la stabilité « ne se décrète pas, elle se mérite » en traitant les causes profondes, telles que la précarité, l’exclusion et la radicalisation, en particulier chez les jeunes et les femmes.
Sur le plan économique, le ministre a placé l’exigence de souveraineté au premier plan. Il a appelé à transformer les ressources naturelles sur place pour créer des chaînes de valeur et des emplois, afin de sortir du « paradoxe d’un continent riche en ressources mais en retard sur les standards de développement ».
Vers une « Doctrine de Dakar »
Cheikh Niang a précisé que cette souveraineté politique, stratégique, alimentaire et numérique « ne signifie pas l’isolement », mais le choix de partenariats « gagnant-gagnant » fondés sur le respect mutuel.
Par ailleurs, l’intégration régionale, notamment via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), a été présentée comme une « nécessité absolue » pour répondre aux menaces transfrontalières (terrorisme, trafics, cybermenaces, crises climatiques) qu’aucun État ne peut affronter seul.
Pour finir, il a souligné que l’Unité africaine (UA) doit s’incarner dans des institutions fortes et des mécanismes bien financés. À cet égard, il a validé la proposition émergente d’une « doctrine de Dakar » sur la prévention des conflits, visant à anticiper les crises plutôt que d’y répondre après coup.
« L’Afrique entre dans un moment décisif et peut être une clé de stabilité dans un monde en recomposition », a conclu le ministre des Affaires étrangères, en remerciant le Président de la République islamique de la Mauritanie, Mohamed Ould Ghazouani et son homologue de la Sierra Léone et Président en exercice de la CEDEAO, Julius Maada Bio.








