C'est un véritable réseau d'exploitation sexuelle et de travail clandestin qui vient d'être démantelé dans la région de Kédougou. Six femmes de nationalités étrangères ont été interpellées par la Brigade de Recherches (BR) de la gendarmerie de Saraya à Kharakhéna, un village carrefour de la zone orpailleuse. Elles sont poursuivies pour des faits présumés de proxénétisme, traite de personnes et exploitation d'un débit de boisson sans autorisation administrative.
L'opération fait suite à plus d'une semaine de surveillance discrète menée par le Groupe d'observation et de surveillance (GOS). Alertés par la présence de cabanes en paille servant à la vente clandestine d'alcool et à la prostitution de jour comme de nuit (une activité qui troublait la quiétude locale et exposait les jeunes enfants du voisinage), les enquêteurs sont passés à l'action.
Un réseau bien structuré sous le couvert d'un bar clandestin
Le coup de filet a eu lieu le 6 octobre 2026, vers 20 heures. L'intervention simultanée dans les débits de boisson et les cabanes ciblés a permis l'arrestation de la tenancière, D. Ouattara, de nationalité burkinabé, ainsi que de R. Kouzouama, K. Moses, M. Benkpado, N. Some et A. Ouedraogo.
Établie au Sénégal depuis 2016 sans titre de séjour, D. Ouattara avait aménagé sur un terrain loué un complexe de cinq cabanes. Trois d'entre elles étaient louées à R. Kouzouama, K. Moses et M. Benkpado pour 1 000 F CFA par jour afin d'y exercer le racolage.
L'enquête a révélé une entreprise d'exploitation bien ficelée : D. Ouattara a reconnu avoir fait entrer clandestinement R. Kouzouama au Sénégal moyennant 75 000 francs CFA. Cette dernière, arrivée en août 2026, servait de gérante et serveuse pour un salaire mensuel de 30 000 F CFA.
Séjour irrégulier et réseaux d'immigration clandestine
Les auditions ont également mis en lumière l'existence de filières d'immigration illégale. M. Benkpado a avoué avoir déboursé 1,5 million de F CFA auprès d'une passeuse pour rejoindre le Sénégal en janvier dernier, tandis que K. Moses dit avoir été acheminée par une proche. De son côté, N. Some, installée depuis 2025, a admis se prostituer et avoir financé le voyage d'A. Ouedraogo à hauteur de 50 000 F CFA en juin dernier.
Lors de la perquisition, les gendarmes ont saisi des bouteilles d'alcool, du sucre, des préservatifs, des carnets sanitaires visés ainsi qu'une somme de 400 000 F CFA appartenant à la tenancière. Selon des sources de Seneweb proches du tribunal, aucune des six mises en cause ne disposait de titre de séjour ni de passeport au moment de leur interpellation.
Poursuivies pour association de malfaiteurs, proxénétisme, traite de personnes, séjour irrégulier, racolage sur la voie publique et blanchiment de capitaux, les six prévenues ont été déférées le 8 octobre 2026 devant le Procureur de la République près le TGI de Kédougou.







