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Tensions à l'UIDT de Thiès : Le SAES et le recteur engagés dans un bras de fer autour de la gouvernance


Rédigé le Jeudi 5 Novembre 2026 à 11:45 | Lu 57 fois | 0 commentaire(s)




C'est une crise institutionnelle majeure qui secoue l'Université Iba Der Thiam (UIDT) de Thiès. À la faveur d'une conférence de presse consacrée à la situation de l'établissement et à la présentation de son cahier de revendications, la section locale du Syndicat autonome de l'enseignement supérieur (SAES) est montée au créneau pour dénoncer des « décisions jugées illégales de l'administration » et exiger le « respect strict des règles de transparence ».

​Le syndicat d'enseignants-chercheurs s'oppose frontalement à la gestion du recteur de l'université, le professeur Mamadou Babacar Ndiaye, estimant que le dialogue social est rompu en raison de décisions unilatérales soumises directement au Conseil d'administration. Plaçant l'exigence de transparence au cœur de sa démarche, le SAES-UIDT conditionne la reprise normale des enseignements à la résolution globale de ces différends institutionnels et administratifs.

​« Il ne peut pas y avoir d'enseignement tant que la question de la transparence n'est pas réglée », met en garde la section locale, qui pointe du doigt des « décisions illégales » au sommet de l'établissement. Le syndicat détaille ses griefs budgétaires : « L'année dernière, le MESRI nous avait alloué 50 postes au niveau de l'UIDT. Lorsque l'ENSA s'est détachée, nous comptions également 29 postes, ce qui porte notre effectif potentiel à 79 postes. Nous ne comprenons pas comment nous nous sommes retrouvés dans cette impasse où, jusqu'en octobre, des enseignants n'ont toujours pas rejoint leurs postes. Cette situation dégage une ressource financière qui devrait impérativement revenir aux établissements. »

​Poursuivant sa charge, le syndicat dresse un état des lieux alarment de l'environnement académique : « L'Université de Thiès souffre de graves problèmes d'infrastructures. Des collègues ne disposent d'aucun bureau et l'infrastructure pédagogique s'avère totalement inadaptée. Nous souffrons énormément et, pendant ce temps, ce recteur pense pouvoir nous imposer des éléphants blancs à travers des investissements pour le rectorat. Nous sommes membres du Conseil d'administration et les sommes qu'il affirme disponibles ne correspondent pas exactement à ce que nous avons relevé. »

​Face à ces divergences comptables, le SAES/UIDT exige l'audit approfondi de ces ressources, réclamant également « l'audit des fonds laissés par l’ENSA ainsi que l'audit du domaine agricole », tout en affirmant que « les montants ne sont pas rattachés aux comptes de l'université ». Affirmant que le recteur n'est « plus un interlocuteur crédible en raison de manœuvres visant à imposer des décisions inacceptables », le syndicat interpelle directement le ministre de l'Enseignement supérieur pour qu'il prenne ses responsabilités.

​La réplique de l'administration centrale ne s'est pas fait attendre. Le recteur Mamadou Babacar Ndiaye a rejeté en bloc les accusations portées contre sa gouvernance. S'agissant du recrutement des responsables de filières, il invoque l'encadrement réglementaire : « Le décret 2021-1504 portant organisation et fonctionnement de l'Université, signé le 16 novembre 2021, dispose en son article 52 que les responsables de filière constituent une faculté. Ils peuvent assister le chef de département, mais ils sont nommés sur proposition du département, après avis du conseil d'établissement. »

​Le recteur précise ainsi la chaîne de décision : « Cela suppose que c'est le conseil d'établissement qui décide et qui gère. Par conséquent, si un établissement choisit de recruter un responsable de filière, le recteur n'y est aucunement mêlé et ne peut négocier ni le contrat ni le salaire. C'est ce que je leur ai rappelé en les renvoyant au texte réglementaire, mais ils souhaiteraient peut-être que je torde le bras au directeur d'établissement, ce que je refuserai de faire car ce serait illégal. »

​Abordant la gestion du Domaine agricole communautaire (DAC), le chef de l'établissement affirme que l'intégralité des recettes a été régulièrement versée dans les caisses de l'université : « Des investissements ont été réalisés et le projet génère des ressources, mais il faut comprendre qu'à l'université, le seul gestionnaire des ressources en recettes comme en dépenses est le comptable public. Personne d'autre ne peut manier ces fonds. Le régisseur dispose d'un carnet de recettes tamponné par l'agent comptable, qui est un document du Trésor national. Une consultation des lignes budgétaires permet de retrouver la trace exacte de ces versements. »

​Le recteur conclut sa mise au point en recadrant les contestataires : « C'est méconnaître le fonctionnement élémentaire des établissements publics que d'affirmer qu'on ne sait pas où est passé l'argent. Pour quiconque maîtrise la comptabilité publique, il suffit de consulter les documents budgétaires pour constater que l'argent est régulièrement reversé. »



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