Alors que l’attente se prolonge autour du contentieux opposant le Sénégal au Maroc après la finale de la CAN 2025, le Tribunal arbitral du sport (TAS) doit désormais trancher. L’audience, tenue le 8 octobre à Lausanne, s’est achevée sans annonce de date pour le verdict. Entre spéculations sur la date de la sentence et incertitudes sur l’issue du recours sénégalais, une seule certitude demeure : la décision officielle du TAS sera déterminante.
L’affaire Sénégal-Maroc entre dans sa dernière ligne droite. Depuis l’audience du 8 octobre à Lausanne, les regards sont tournés vers le Tribunal arbitral du sport (TAS), appelé à se prononcer sur l’un des contentieux les plus sensibles de l’histoire récente du football africain. Pourtant, malgré les nombreuses informations qui circulent à Dakar comme à Rabat, aucune date officielle n’a été communiquée pour le prononcé de la sentence.
L’audience s’est déroulée à huis clos, de 9 h 30 à environ 15 h. La formation arbitrale est présidée par le Français Gérald Simon, assisté de l’Italien Luigi Fumagalli, désigné par la Fédération royale marocaine de football, et de l’Allemand Ulrich Haas, choisi par la Fédération sénégalaise de football. Les deux fédérations, ainsi que la Confédération africaine de football (CAF), ont présenté leurs arguments avant la mise en délibéré du dossier.
Une fenêtre comprise entre le 18 et le 22 octobre est évoquée pour une éventuelle décision, mais cette échéance reste à ce jour non confirmée par le TAS. En attendant, les spéculations se poursuivent, alimentant l’incertitude autour de l’issue de cette bataille juridique.
Une finale au cœur de la bataille juridique
Pour comprendre les enjeux de cette procédure, il faut revenir au 18 janvier 2026. Ce jour-là, à Rabat, le Sénégal remporte la finale de la CAN face au Maroc sur le score de 1-0 après prolongation. Mais la fin du temps réglementaire est marquée par une succession d’événements controversés : un but sénégalais refusé à la 92e minute, un penalty accordé au Maroc à la 98e, puis le départ des joueurs et du staff sénégalais vers les vestiaires. La rencontre est interrompue pendant près d’un quart d’heure. Le Maroc manque finalement son penalty, avant que le Sénégal ne fasse la différence en prolongation. Sur le terrain, les Lions de la Teranga remportent donc le trophée. Mais la suite des événements va déplacer le sort de cette finale sur le terrain juridique.
Le 28 janvier, le jury disciplinaire de la CAF rejette la réclamation marocaine. Dans le même temps, la Fédération sénégalaise renonce à faire appel des sanctions disciplinaires prononcées contre elle à la suite des incidents de la finale.
Le 17 mars, coup de théâtre : le jury d’appel de la CAF revient sur la décision initiale et déclare le Sénégal forfait, en application des articles 82 et 84 du règlement de la CAN. Le résultat de la rencontre est alors homologué sur le score de 3-0 en faveur du Maroc.
Le Sénégal conteste, le Maroc reste champion provisoirement
Face à cette décision, la Fédération sénégalaise de football saisit le TAS le 25 mars. Son recours vise l’annulation de la décision du jury d’appel de la CAF, mais également la reconnaissance de la victoire sénégalaise obtenue sur le terrain, sur le score de 1-0.
Toutefois, cette procédure n’étant pas suspensive, la décision de la CAF continue de produire ses effets dans l’attente du verdict arbitral. Le Maroc demeure ainsi officiellement reconnu comme champion d’Afrique jusqu’à une éventuelle décision contraire du TAS.
C’est précisément ce point qui nourrit les tensions et les espoirs des deux camps. À Dakar, les supporters sénégalais attendent une décision susceptible de rétablir le résultat acquis sur la pelouse. À Rabat, le camp marocain reste attaché à la décision rendue par les instances de la CAF.
Entre rumeurs et verdict attendu
Depuis la fin de l’audience, les annonces non confirmées se multiplient. Des dates sont avancées, des verdicts sont parfois présentés comme acquis, mais aucune de ces informations ne saurait remplacer une communication officielle du TAS.
Pour les Lions de la Teranga, dirigés par Pape Thiaw lors de la finale et désormais confiés à Patrick Vieira, l’enjeu dépasse la seule reconnaissance d’un résultat sportif. Il s’agit de connaître l’issue définitive d’un dossier qui oppose le résultat obtenu sur le terrain à une décision administrative et disciplinaire prise plusieurs semaines après la rencontre.
A noter que dans ce dossier, seule la décision publiée par le Tribunal arbitral du sport permettra de connaître le dénouement de ce bras de fer entre Dakar et Rabat.








