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REMTP 2026 | CAPACITE D’ABSORPTION DU MARCHE FINANCIER : Un enjeu de transformation du système


Rédigé le Samedi 31 Janvier 2026 à 11:25 | Lu 83 fois | 0 commentaire(s)




Comment permettre au marché des titres publics de l’UEMOA de financer des volumes croissants de besoins souverains sans renchérir le coût de la dette ? La question était au cÅ“ur du Panel 3 consacré, ce 28 janvier, au renforcement de la capacité d’absorption du marché régional, dans le cadre des 8ᵉ Rencontres du Marché des Titres Publics (REMTP 2026), tenues à Lomé (Togo). 
REMTP 2026 | CAPACITE D’ABSORPTION DU MARCHE FINANCIER : Un enjeu de transformation du système
Jusqu’où le marché sous-régional des titres publics peut-il financer les États à un coût moindre, et de manière soutenable ? La problématique qui a fait l’objet d’un panel de haut niveau dans le cadre de la 8ème édition des Rencontres du Marché des Titres Publics (REMTP 2026), tenues à Lomé (Togo) du 27 au 28 janvier dernier, est d’autant plus pertinente que le marché prévoit de lever des volumes inédits, cette année. 

Le thème « Absorber plus, coûter moins : comment renforcer la capacité d’absorption du marché UEMOA ? Â»â€‹ est lancé au moment où, UMOA-Titres annonce un volume d’émissions de titres publics d’environ 15 000 milliards FCFA, dont plus de 12 000 milliards via des adjudications, pour le compte des États de l’Union.

Un niveau jamais atteint qui pose avec acuité la question de la capacité du marché régional à absorber davantage d’émissions sans tensions excessives sur les taux. 

A la manÅ“uvre pour la conduite des échanges qui ont notamment porté sur les mécanismes de mobilisation de l’épargne, la diversification des investisseurs institutionnels, l’optimisation des instruments financiers, entre autres, Ababacar S. Diaw, Administrateur Directeur Général d’Impaxis Securities   a d’abord fait une mise en contexte, pour mettre en lumière un constat partagé : la soutenabilité du financement souverain dans l’UEMOA passe désormais moins par l’augmentation des volumes que par la capacité du marché à se transformer.​ 

En d’autres termes, dit-il, « La performance du marché repose encore fortement sur des maturités courtes, une concentration du portage sur les acteurs des bilans bancaires ainsi qu’une liquidité inégale sur le marché secondaire. Dans ce contexte, la question n’est donc plus seulement de lever des volumes, mais renvoie à la faculté du système financier régional à soutenir durablement les émissions souveraines, sans tensions excessives sur les taux ni concentration des risques… Â». 

L’absence de benchmark long terme, un frein structurel

La Directrice générale de la Caisse Régionale de Refinancement Hypothécaire de l’UEMOA (CRRH-UEMOA), Yedau Ogundélé, a partagé l’expérience d’un émetteur privé habitué aux maturités longues. Selon elle, « L’un des principaux obstacles au développement de la profondeur du marché réside dans la fragmentation des souches et l’absence de véritables benchmarks sur les maturités longues Â». 

Contrairement aux marchés développés, où la courbe des taux sert de référence, les émetteurs de long terme dans l’UEMOA doivent fixer leurs conditions essentiellement à partir de l’appétit des investisseurs, faute de points de comparaison. 

La CRRH-UEMOA, créée en 2010, a déjà mobilisé près de 400 milliards de FCFA, dont 260 milliards sur le marché financier régional, à travers une dizaine d’émissions obligataires, avec des maturités progressivement allongées jusqu’à 15 ans. 

Pour autant, l’expérience de la CRRH-UEMOA montre que des investisseurs capables d’absorber des titres longs existent bel et bien dans la région. 

Il s’agit principalement des compagnies d’assurance, des caisses de retraite, et des fonds de pension, dont les passifs de long terme correspondent naturellement à ce type d’actifs. 

Il apparaît en outre que le succès des émissions à 15 ans repose aussi sur des mécanismes rassurants pour les banques, notamment le caractère amortissable des obligations, réduisant la duration réelle, leur éligibilité au refinancement de la BCEAO, et la cotation à la BRVM, offrant une option de liquidité via le marché secondaire. 
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​La dépendance bancaire, un risque pour la soutenabilité

La soutenabilité du marché sous-régional des titres publics est un point nodal et, du point de vue de Jean-Philippe AITHNARD, directeur général adjoint de BOAD Titrisation, l’attention doit être portée sur les risques liés à la forte dépendance des États au financement bancaire. 

Selon lui, le financement de la dette intérieure repose encore, pour une part significative, sur les banques, via le marché des titres publics, les appels publics à l’épargne, et le crédit bancaire direct. Cette concentration expose les États à un double risque : « En période de politique monétaire restrictive ou de tensions de liquidité, la capacité des banques à souscrire pourrait se contracter, limitant la capacité de financement public et réduisant la marge de manÅ“uvre budgétaire en phase de crise Â», alerte M. AITHNARD. 

Une base diversifiée pour absorber davantage

Jean-Philippe Ettenard a toutefois relevé des signaux encourageants, notamment la progression des comptes clients dans les souscriptions récentes, traduisant une implication croissante des investisseurs non bancaires. 

Il a plaidé pour une diversification accrue de la base des détenteurs de dette intérieure, en explorant notamment : le rôle des fonds de pension et assurances-vie, la participation accrue des ménages, via des mécanismes de souscription plus accessibles, et des instruments innovants, inspirés d’expériences internationales, visant à élargir l’accès au marché. 

Au fil des échanges, le panel qui a réuni des acteurs expérimentés du financement de long terme, a mis en évidence une équation claire : sans diversification des investisseurs, sans benchmarks longs et sans marché secondaire plus liquide, absorber davantage coûtera nécessairement plus cher. 

Un consensus s’est dégagé : renforcer la capacité d’absorption du marché des titres publics ne répond pas uniquement à un besoin de financement des États. Il s’agit aussi de faire du marché un levier de développement du système financier régional, capable de soutenir l’investissement, d’améliorer l’allocation de l’épargne et de renforcer l’intégration économique. 
Malick NDAW



Source : https://www.lejecos.com/REMTP-2026--CAPACITE-D-ABS...


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