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Pavillon spécial : Accusée d'avoir tabassé une codétenue enceinte, Tabaski Ngom réplique par la voix de ses avocats


Rédigé le Mardi 8 Septembre 2026 à 20:04 | Lu 52 fois | 0 commentaire(s)




Les avocats de Tabaski Ngom, Inspectrice principale du Trésor, sont montés au créneau pour contester formellement les informations rapportées dans un article publié par Seneweb le 4 septembre 2026, selon lesquelles leur cliente aurait « tabassé sa codétenue enceinte ».

​Dans une mise au point, les conseils réfutent « formellement et catégoriquement » cette version des faits ainsi que la qualification d’agresseuse attribuée à leur cliente.

​Selon la défense, Tabaski Ngom aurait elle-même été confrontée, dans le cadre de sa détention, à des provocations, à des agressions verbales et à des violences physiques auxquelles elle affirme n’avoir jamais répondu. Ses conseils rappellent notamment qu’elle avait, dès le 4 août 2026, dénoncé par écrit les agissements dont elle se disait victime au sein de sa cellule. Ils demandent ainsi à la Direction du Pavillon spécial de préciser les suites données à la plainte déposée contre une codétenue identifiée sous les initiales A. Diatta, que Tabaski Ngom accuse de l’avoir agressée physiquement devant témoins.

​Les avocats soulèvent par ailleurs une interrogation concernant la gestion des effectifs de la cellule. Ils s’étonnent des raisons pour lesquelles une détenue, qui en avait été préalablement retirée, y aurait été réaffectée si leur cliente présentait réellement le comportement agressif qui lui est aujourd’hui reproché.

​La défense met également en avant la nature des relations que Tabaski Ngom entretenait avec cette jeune codétenue, affirmant que l’Inspectrice partageait ses propres repas avec elle, lui apportait son assistance et faisait preuve de « générosité et de compassion ». Pour les avocats, ces éléments factuels imposent des explications claires.

​Une instruction jugée inachevée et des droits bafoués

​Au-delà de l’incident évoqué au Pavillon spécial, les conseils reviennent sur la situation judiciaire globale de leur cliente. Ils rappellent que Tabaski Ngom est en détention depuis janvier 2025 dans le cadre d’une information judiciaire qui demeure, à ce jour, inachevée. La défense souligne d’ailleurs que sa cliente avait été la première à saisir la Division des investigations criminelles (DIC) d’une plainte visant deux de ses co-inculpés.

​Dans le cadre de l’instruction, les avocats indiquent avoir sollicité à plusieurs reprises l’accomplissement d’actes jugés indispensables à la manifestation de la vérité, notamment des confrontations directes et le versement au dossier d’éléments matériels comprenant des enregistrements audio.

​Les conseils affirment en outre avoir demandé, sans succès, que des réquisitions soient ordonnées auprès de personnes qualifiées afin de vérifier la véracité de faits précis relatés avec dates, heures et circonstances à l’appui. La défense déplore que ces diligences n’aient toujours pas été accomplies par le magistrat instructeur.

​Un état de santé alarmant et une atteinte à la dignité

​Autre point critique soulevé par la défense : les conditions de détention de l’ancienne haut fonctionnaire. Alors que certains co-inculpés ont bénéficié d’une liberté provisoire sous contrôle judiciaire, Tabaski Ngom demeure incarcérée. Selon ses conseils, son état de santé physique, psychologique et moral s’est considérablement dégradé, justifiant son transfert au Pavillon spécial. La défense réclame d’urgence des investigations médicales et psycho-psychiatriques approfondies, évoquant des symptômes graves et persistants tels qu’une hypertension artérielle sévère, des insomnies et des palpitations cardiaques.

​Dénonçant une atteinte grave à l’honneur et à la dignité de leur cliente par la diffusion de faits inexacts, les avocats ont tenu à rappeler le parcours exemplaire de Tabaski Ngom. Inspectrice principale du Trésor, elle a consacré près de vingt ans au service de l’État du Sénégal en occupant de hautes responsabilités au sein de l’administration financière.

​À travers ce rappel à l’ordre, la défense exige toute la lumière sur les événements survenus au Pavillon spécial, ainsi qu’une accélération des diligences d'instruction restées jusqu'ici sans réponse.



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