Pour Abdourahmane Sarr, l'avenir du Sénégal ne se construira pas dans l'isolement, mais au cœur de l'espace régional. Il a théorisé devant ses collaborateurs le concept de « Souverainisme Libéral », résumé par la formule « Moom Sa Bopp Menel Sa Bopp, Yewwi Rewmi, Yewwi Gox Yi, Yewwi Nit Gni ». Selon lui, la souveraineté économique et l'intégration au sein de l'UEMOA se renforcent mutuellement.
Il a notamment défendu la solidité du modèle ouest-africain, s'appuyant sur « une monnaie commune stable, une banque centrale crédible » et un marché régional de capitaux performant. C'est d'ailleurs ce marché régional qui a dicté l'élaboration de la stratégie d'endettement du ministère, une approche validée par les faits. Face à la place grandissante des investisseurs non résidents, il invite l'espace régional à approfondir son marché financier, à créer un fonds souverain régional et à accroître son autonomie monétaire. « La souveraineté économique ne se décrète pas. Elle se construit », a-t-il martelé, rappelant la doctrine du FMI selon laquelle « les États choisissent, le FMI les accompagne dans les choix crédibles qu’ils ont faits ».
Rappelant ses convictions libérales, il a également souligné que « la liberté économique, l'initiative privée, la concurrence, l'innovation, la responsabilité individuelle et collective ainsi que la discipline macroéconomique constituent les fondements indispensables de la productivité ».
La pertinence d'un ministère unifié face aux défis économiques
Défenseur d'une intégration des services, Abdourahmane Sarr a rappelé qu'il avait publié dès 2019 un article contre la séparation des fonctions économiques et budgétaires. « Ma conviction était simple : les politiques économiques, budgétaires, financières et de planification produisent davantage de résultats lorsqu'elles sont conçues et conduites dans un cadre cohérent unifié », a-t-il réaffirmé. C'est pourquoi il salue la renaissance du Ministère de l'Économie, des Finances et du Plan sous la houlette de Cheikh Diba, assisté de ses deux ministres délégués, Allé Nar Diop et Bassirou Sarr.
L'ex-ministre a toutefois insisté sur le fait que la réussite de cette nouvelle équipe reposera sur une coordination sans faille en amont, notamment sur les questions de cadrage macroéconomique, de stratégie d’endettement, de maturation des projets et de qualité de la dépense.
Le bilan des « jalons importants » posés pour l'avenir
Abdourahmane Sarr quitte le gouvernement avec le sentiment du devoir accompli, saluant la confiance du Président Bassirou Diomaye Faye et d'Ousmane Sonko. Au cours de son magistère, plusieurs réformes structurantes ont été engagées pour orienter la trajectoire économique du Sénégal.
Sur le plan de la planification, ses équipes ont activement participé à l'élaboration et à la mise en œuvre de la « Vision Sénégal 2050 dans sa première déclinaison quinquennale 2025-2029 ».
Soucieux de dynamiser le tissu économique, il a également conçu la « Stratégie nationale de développement du secteur privé et de promotion de l'investissement », un outil fondé sur la liberté économique et la valorisation des territoires.
Pour pérenniser la transparence, le ministère a instauré la production d’un rapport macroéconomique trimestriel, qualifié de « legs au Sénégal de mon centre d’études », destiné à assainir le débat public. À cela s'ajoutent une stratégie de coopération réalignée sur les priorités nationales, la promotion des partenariats public-privé via le recyclage d'actifs, de nouvelles approches pour mobiliser l'épargne de la diaspora, ainsi que la consolidation d'une vision territoriale basée sur des pôles de développement.
En transmettant cette doctrine à Cheikh Diba, Abdourahmane Sarr a rendu un vibrant hommage aux agents du ministère, « colonne vertébrale de cette Institution » ayant accumulé les nuits blanches et les sacrifices. Tout en promettant de suivre la suite des événements avec « l’œil d’un observateur indépendant libéral, politiquement engagé, et vocal dans l’espace public », il a souhaité un plein succès à la nouvelle équipe.








