Orlando Gill, le gardien du Paraguay, estime que la France fait partie des équipes « candidates » pour devenir championne du monde. Les Bleus, de leur côté, se félicitent de ne pas avoir réagi aux provocations, samedi, en huitièmes de finale de la Coupe du monde (1-0).
Jamais, depuis le début de la compétition, les Français n'avaient exulté comme ça. La joie publique n'a pas été très longue mais les quelques minutes passées devant leurs supporters à sauter et à danser ont suffi pour percevoir leur soulagement. Ce Paraguay-France (1-0) a été un combat pour les Bleus, malmenés physiquement et psychologiquement, obligés de ne pas perdre leurs nerfs et de garder une concentration extrême face à la provocation adverse.
Par les coups, par les mots, par la simulation ou les attitudes, tout a été mis en oeuvre par les Paraguayens pour que les Français tombent dans le piège. Didier Deschamps avait préparé ses hommes en insistant, dans son discours d'avant match, sur le besoin de rester calme en toutes circonstances. Kylian Mbappé a été le Français le plus ciblé par les Paraguayens. Et il s'y attendait.
Sentiment de défiance
« On savait quel type de match on allait avoir, je pense qu'aujourd'hui, c'est très bien le match qu'on a eu, comment on l'a joué, on a montré qu'on n'était pas seulement une équipe qui savait jouer un football offensif, expliquait-il après le match au micro de M6. S'il faut mettre les mains dans la merde, on va mettre les mains dans la merde, désolé de l'expression. On n'a pas de problème avec ça. Ils pensaient qu'on allait venir en smoking, qu'on allait juste venir faire des belles actions et des une-deux. Nous, on sait faire le sale football aussi. On l'a fait aujourd'hui, on a gagné et même dans ça, on a été meilleurs qu'eux. »
On sentait tout de même dans les paroles des Français un sentiment de défiance envers cette équipe du Paraguay. « On était préparés à ça, on savait qu'on n'allait pas montrer notre qualité technique, souriait Rayan Cherki après le match. Cela fait quelques jours que le coach nous rappelle qu'ils allaient essayer de nous faire sortir du match. Il n'y a pas de nervosité de notre côté, on connaît nos qualités. Leur qualité, c'est de faire la guerre et on a montré aujourd'hui que si les équipes pensent qu'on n'est pas capables de faire ça... On a montré qu'on savait faire la guerre. C'est extraordinaire ce qu'on a fait aujourd'hui, on a vu des guerriers sur le terrain. »
« Je n'avais jamais vu un match comme ça, avec autant de coups en traître, de poussettes dans le dos. C'était compliqué »
Bradley Barcola
Des remontrances, forcément, envers leurs adversaires mais aussi envers l'arbitre qui aura donné trois cartons jaunes aux tricolores, aucun aux rouge et blanc. « Ils ont pris combien de cartons, eux ? » a demandé Cherki, ironique, connaissant déjà la réponse. Zéro. « L'arbitre aurait pu les calmer avec quelques cartons jaunes, mais on le savait, a poursuivi William Saliba. On ne va pas se laisser faire, on a pris quelques cartons jaunes mais pas de cartons rouges, c'est le plus important. Parfois, ce sont des batailles et il faut savoir gagner ces batailles. » « Je n'avais jamais vu un match comme ça, avec autant de coups en traître, de poussettes dans le dos. C'était compliqué », a reconnu de son côté Bradley Barcola.
Les Paraguayens, durs sur le terrain, étaient meilleurs joueurs après le match. « Je suis allé voir Mbappé après le match pour le féliciter mais il a refusé de me serrer la main, a décrit le gardien Orlando Gill, l'homme du match. La France fait partie des candidates pour être champion du monde. » Jeudi, à Boston, pour le quart de finale face au Maroc, les Bleus auront un adversaire au style très différent et pourront tenter de refaire parler leur technique. Mais qu'importe pour eux, tant qu'ils peuvent exulter à la fin.








