Le Portugal et l'Espagne vont disputer un huitième aux allures de finale avant l'heure, lundi (19h00 GMT) au Mondial-2026, avec au centre de l'équation, une passionnante lutte d'influence entre Vitinha et Pedri, deux des meilleurs milieux de terrain au monde.
Les deux voisins européens sont assis à la même table des favoris pour le titre, comme l'Argentine et la France, mais l'un d'eux devra rendre son tablier à l'issue du duel texan, disputé dans l'antre des Dallas Cowboys à Arlington.
Ils y arrivent avec une dynamique différente: les Portugais ont écarté la Croatie avec difficulté (2-1) au tour suivant, tandis que la Roja a enfin montré un visage conquérant et dominant contre l'Autriche (3-0), après un premier tour majoritairement traversé sur la pointe des pieds.
Les champions d'Europe en titre sont montés en puissance et ils n'ont toujours pas encaissé le moindre but en quatre matches, en grande partie grâce à la muraille qu'ils ont érigée dans l'entrejeu.
Le sélectionneur Luis de la Fuente a la chance de compter sur la technique délicieuse de Pedri (23 ans) du FC Barcelone, et sur l'abattage acharné de Rodri (30 ans), enfin débarrassé semble-t-il des blessures qui l'ont freiné ces derniers mois avec Manchester City.
"C'était exceptionnel et incroyable de le voir pour la première fois en direct", a déclaré, admiratif, le sélectionneur de l'Autriche, Ralf Rangnick, après la leçon de football donnée par le Ballon d'or 2024.
- "Bataille de la possession" -
Le Portugal, lui, dispose du brillant binôme du Paris SG, Vitinha et Joao Neves, épaulé par le capitaine de Manchester United, Bruno Fernandes. La concentration de talents au mètre carré est telle que Bernardo Silva, nouvelle recrue du Real Madrid, n'a pas sa place parmi les titulaires.
Dès lors, ce match entre "deux équipes qui aiment récupérer le ballon rapidement" va à coup sûr "se jouer sur la bataille de la possession dans l'entrejeu", a pronostiqué Kieran Gibbs, ancien défenseur anglais d'Arsenal, sur le plateau de la chaîne ESPN.
En zoomant encore davantage, il devrait y avoir une belle confrontation entre Pedri et Vitinha, deux milieux créatifs doués pour déjouer le pressing le plus intense.
Dans le podcast "The Rest Is Football" qu'il anime, l'ex-international anglais Gary Lineker donne sa préférence à l'Espagnol. Son invité, Joe Cole, pense lui que "Vitinha est le meilleur milieu au monde à l'heure actuelle", un avis partagé par Micah Richards.
Certes, "Pedri donne l'impression que tout est facile, tout est fluide", a jugé l'ex-défenseur de Manchester City. Mais "Vitinha apporte peut-être un peu plus dans les zones offensives quand l'équipe en a besoin".
- Lamine Yamal contre Nuno Mendes -
En attaque, justement, les deux camps comptent aussi des individualités de haute volée, à commencer par le meilleur buteur espagnol du Mondial, Mikel Oyarzabal, et le capitaine vétéran portugais, Cristiano Ronaldo.
A 41 ans, le quintuple Ballon d'or exilé en Arabie saoudite "n'est pas le même que celui d'il y a six ou sept ans au Real Madrid, à l'apogée de sa carrière", a souligné samedi le gardien espagnol Unai Simon. "Mais nous devons l'éloigner le plus possible de la surface de réparation. Cristiano est un joueur décisif quand il y pénètre".
Si la confrontation entre "CR7" et le portier de l'Athletic Bilbao sera à surveiller de près, il y aura d'autres confrontations directes qui risquent de faire encore plus d'étincelles.
Dans les couloirs, le très en vue défenseur espagnol Marc Cucurella devrait croiser le fer avec l'ailier Pedro Neto, son ancien coéquipier à Chelsea. Et de l'autre côté, le rapide et puissant latéral parisien Nuno Mendes sera chargé de contenir les fulgurances de Lamine Yamal.
Cette affiche fera forcément une victime parmi ces deux prétendants au titre. Celui qui en sortira vivant affrontera les Etats-Unis ou la Belgique en quarts de finale, le 10 juillet à Los Angeles.







