Mieux détecter les risques sanitaires avant qu’ils ne deviennent des crises épidémiques. C’est l’ambition du projet Africam, dont les résultats ont été présentés les 21 et 22 octobre à Saint-Louis. Au terme de cette initiative, les acteurs plaident pour le renforcement de la surveillance sanitaire et la pérennisation des collaborations entre chercheurs, services techniques et communautés.
La prévention des épidémies se construit bien avant l’apparition des premiers cas. À Saint-Louis, les travaux du projet Africam ont mis en évidence l’importance de surveiller les agents pathogènes susceptibles de circuler entre les animaux, les humains et leur environnement. Lors de l’atelier de restitution et de clôture organisé les 21 et 22 octobre, les participants ont partagé les résultats des recherches et réfléchi aux moyens de préserver les acquis de cette initiative, fondée sur l’approche « Une seule santé » (One Health).
Pour le directeur régional de l’Élevage et des Productions animales, le Dr Mouhamed Moustapha Sarr, le projet Africam a permis d’élargir les investigations sur les risques sanitaires grâce à des prélèvements réalisés sur différentes espèces de la faune sauvage, notamment les primates et les rongeurs, ainsi que sur des animaux domestiques.
« Il fallait avoir une idée de ce qui circule au niveau de la faune sauvage et des ruminants domestiques afin de pouvoir mettre l’accent sur les risques », explique-t-il. Ces recherches contribuent à une meilleure identification des menaces sanitaires et à l’élaboration de plans de contingence adaptés.
L’intérêt de cette surveillance est d’autant plus important que le Sénégal a été confronté, en 2025, à une épidémie de fièvre de la vallée du Rift qui a particulièrement marqué la région de Saint-Louis. Selon le Dr Sarr, les analyses effectuées sur les rongeurs dans le cadre du projet n’ont pas révélé de circulation du virus. Ces investigations permettent également d’explorer les risques associés à d’autres maladies, notamment la fièvre de Lassa.
Au-delà des résultats scientifiques, le responsable régional retient surtout le rapprochement entre les chercheurs, les universitaires, les services techniques et les populations. Une coopération indispensable pour mieux comprendre les risques et organiser une réponse efficace. « La multisectorialité était la clé quand on parle de zoonoses », rappelle-t-il.
Pour Jean-Hugues Caffin, coordinateur du projet Africam au Sénégal, l’objectif était de donner aux acteurs régionaux les moyens de repérer précocement les menaces épidémiques, en associant les compétences scientifiques aux connaissances et à l’implication des communautés.
« L’objectif du projet, c’était de les aider, avec les chercheurs et les communautés, à travailler sur la détection de façon préventive des futures émergences », précise-t-il. Il estime que l’un des principaux acquis réside dans la capacité des différents intervenants à travailler ensemble autour d’une démarche multidisciplinaire et multisectorielle.
La fin du projet ouvre toutefois un nouveau chantier : maintenir cette dynamique et garantir que les connaissances produites continuent de servir à la prévention. Le partage de l’information et la gestion des connaissances ont ainsi occupé une place importante dans les discussions de l’atelier.
« Beaucoup de sujets tournent autour de la pérennisation et, dans la pérennisation, du partage de l’information », souligne Jean-Hugues Caffin. La valorisation des données collectées et leur circulation entre les différents acteurs apparaissent dès lors comme des leviers essentiels pour consolider les mécanismes de surveillance.
À Saint-Louis, les participants entendent ainsi inscrire les acquis du projet Africam dans la durée. L’enjeu est de faire de l’approche « Une seule santé » un outil opérationnel de prévention, en renforçant les échanges entre les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale. Une démarche qui pourrait permettre de mieux anticiper les prochaines menaces sanitaires et de limiter leur impact sur les populations.








