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Offensive contre le coronavirus: quand les décisions de l’autorité se heurtent à l’indiscipline de certains citoyens


Rédigé le Dimanche 9 Août 2020 à 14:50 | Lu 120 fois | 0 commentaire(s)




L’explosion des cas positifs au covid-19 devient de plus en plus inquiétante et prouve, si besoin est, que le Sénégal a déjà atteint le pire. Au manque de réalisme s’ajoute l’absence de résilience de la part des populations qui préfèrent devenir spectateurs en lieu et place d’acteurs pour contenir la maladie. Pis, certains, totalement égoïstes et inconscients, font montre d’un comportement défiant comme s’ils prenaient du plaisir dans cette décrépitude sanitaire On assiste à une démission totale tant du côté de l’Etat qui peine à assumer l’entièreté de ses responsabilités et d’user de la plénitude de son pouvoir dissuasif que de celui des citoyens dont l’indiscipline de certains fait peser sur notre pays la menace d’une apocalypse. C’est pourquoi la sortie du ministre de l’intérieur, hier, était très attendue mais nombre d’observateurs restent sur leur faim après avoir entendu les mesures annoncées, et qui sonnent comme du déjà-vu.

 

Depuis le début de la pandémie, le plan de riposte n’a cessé d’être mis à jour pour prendre en charge les priorités conjoncturelles. L’Etat du Sénégal, par l’entremise de son ministère de la Santé, avait très tôt adopté des mesures drastiques aux fins de dresser des barricades contre la progression du covid-19. Des défaillances notées au début de la maladie, dont la nature échappait aux experts, furent corrigées au fur et à mesure de la lutte contre l’indésirable visiteur. Cependant, le relâchement noté dans la surveillance et le contrôle, adossé à l’indiscipline totale des Sénégalais notamment les jeunes qui n’en font qu’à leur tête, vient faire effondrer tous les efforts consentis jusque-là. Les morts s’enchainent et les populations les plus vulnérables voient leurs vies suspendues à de

Un relâchement qui a l’air d’une démission

Au moment où le monde commençait un déconfinement progressif, l’Organisation mondiale de la Santé avait sonné l’alarme pour mettre en garde contre un possible regain de la maladie. Cette communication fut jugée alarmiste et pourtant, quelques mois après, les faits donnent raison à l’organisme onusien qui, pessimiste au vu de la gestion de la pandémie par les Etats et de l’avancée de la recherche, annonce que la maladie ne disparaitrait peut-être jamais. Parmi ces pays qui ont fait des erreurs d’appréciation figure en bonne place le Sénégal. Sans être nihiliste, il faut reconnaitre que le président de la République a consenti beaucoup d’énergie dans l’élaboration de plans aussi bien du point de vue sanitaire qu’économique. Mais les résultats n’ont pas suivi, puisqu’après 5 mois de résistance, la population sénégalaise montre qu’elle n’a pas les ressources requises pour faire face : réalisme et résilience.

La réouverture des lieux de culte a été le premier péché capital du régime, car c’est de là que découlent toutes les autres décisions. Il faut le dire sans langue de bois, l’Etat a cédé sous pression de quelques groupes religieux qui n’ont jamais épousé l’idée de désertion des mosquées, pensant que le salut pouvait provenir des prières. En tant que croyant, il ne saurait y avoir l’ombre de doute au pouvoir des invocations mais aide-toi, le ciel t’aidera, leur dira-t-on aujourd’hui. En effet, c’est quand l’autorité suprême a échoué à appliquer pleinement le couvre-feu et l’état d’urgence, alors en vigueur, que les mots d’ordre n’ont plus été suivis. L’autre défaillance dans la gestion de la pandémie se trouve dans la reprise des activités économiques sans y conditionner le respect strict des gestes barrières. Comme si l’on était dans un régime de désobéissance civile, l’Etat a beau lancer des messages de sensibilisation, la population y répond toujours par une oreille sourde.

 

L’indiscipline des citoyens, le principal virus à éradiquer

Dans tous les pays où la maladie a semblé être contenue, beaucoup de leviers ont été mis à concours dans un processus parfois long et tenace. Les bons résultats, encore qu’il faille relativiser là-dessus, sont à mettre sur le compte de plusieurs facteurs. Non seulement des mesures parfois drastiques sont prises, comme ce fut le cas chez nous tout au début d’ailleurs, mais aussi et surtout parce qu’un bon suivi-évaluation est fait de ces décisions. Partout ailleurs, à commencer par la Chine et la Corée du Sud, les citoyens observent à la lettre les mesures édictées. Conscients et consciencieux de la gravité de la situation, et en reconnaissance aux énormes efforts des personnels de santé qui ne peuvent pas gagner à eux seuls le combat, les populations de ces nations font preuve de tenue, de retenue et de discipline.

Sous nos tropiques, le refus de se soumettre aux exigences du couvre-feu furent porteurs de grands torts. Des badauds, il ne saurait être l’œuvre de responsables, se plaisaient à défier les forces de l’ordre avec un comportement irresponsable. En levant les restrictions, le président Sall avait alludé que c’étaient en partie les manifestations violentes qui avaient dicté sa décision parce qu’il était à l’écoute. Dans une contribution publiée récemment sur sa page Facebook, le proche du pouvoir Souleymane Jules Diop s’inscrivait dans cette logique pour expliquer l’explosion des cas de contamination : « L’État a fait tout ce qu’il avait à faire et qui relève de ses missions régaliennes. Nous lui avons opposé notre liberté de culte, notre liberté de mouvement». Les rassemblements remarqués lors de la dernière fête de Tabaski, alors que le ministre de la Santé avait lancé l’invitation de ne pas faire le déplacement, sont une preuve que la lutte contre le covid-19 ne se gagnera pas si facilement.

La tentative de rattrapage de l’Etat du Sénégal

La conférence de presse du ministre de l’intérieur, hier, annonce un désir de rattrapage de la part du régime. Malheureusement, le nombre de morts est déjà ahurissant et les cas graves ont pris une ascendance inquiétante. Il y a comme un rapport entre les décès et les cas admis en urgence, on aurait d’ailleurs pu croire que notre service de réanimation n’est pas assez outillé pour sauver les vies qu’il reçoit, toutes ou une bonne partie d’entre elles. Dans son conseil présidentiel d’il y a deux jours, le président Sall avait clairement laissé entendre que plus les graves augmentent, plus il y aura de morts. Cela est d’autant plus vrai que les statistiques ne donnent pas beaucoup de chance de survie aux plus de 70 ans atteints par le covid-19. Une situation qui, selon le premier flic du pays, s’explique par trois facteurs aggravants, « désinvolture, légèreté et irresponsabilité ».

La courbe est renversable, certes, mais il faudra plus de rigueur pour y arriver. Les moyens de persuasion doivent être amplement employés pour faire obéir la population récalcitrante. C’est du moins ce qu’on attendait de la communication d’Aly Ngouille Ndiaye. Mais il faut reconnaitre que sa sortie d’hier n’est pas digne de beaucoup de commentaires parce qu’il s’agit tout simplement de mesurettes au lieu des mesures radicales attendues. En vérité, ce que le ministre de l’intérieur a lu dans sa conférence de presse d’hier était déjà en vigueur, parce que lors de la levée de l’état d’urgence, il était rappelé que le port de masques était obligatoire et que les rassemblements étaient toujours interdits. C’est donc à du réchauffé que le peuple sénégalais a eu droit hier, juste une piqûre de rappel sur des décisions déjà en vigueur.

La stratégie de rattrapage ne pourrait être porteuse de résultats si l’on se limite seulement à verbaliser les fautifs. Tant que la sanction pécuniaire reste modique, les citoyens continueront de s’adonner à leurs parties de plaisir, en défiant le virus qui, lui, se fout de leurs jouissances. Elle ne saurait prospérer si l’on sait que, dans quelques mois, le Magal et le Gamou, deux événements d’envergure internationale, se tiendront et rassembleront des milliers et des milliers de fidèles. Sur cette question, le ministre de l’intérieur a fait dan le clair-obscur pour renvoyer la balle dans le camp des autorités religieuses, en l’occurrence les Khakifes Serigne Babacar Sy Mansour et Serigne Mountakha Mbacké. Ce qui rend particulièrement la lutte contre le covid-19 difficile chez nous, c’est en effet plus les réalités religieuses que celles socio-économiques. Comme on l’a remarqué lors de la fête de la Tabaski, la semaine dernière, l’Etat n’a pas le contrôle sur le plan cultuel et laisse, en conséquence, les croyants le soin d’agir en toute conscience, c’est-à-dire de se conduire « en citoyens modèles » pour reprendre Aly Ngouille Ndiaye. Malheureusement, cela nous mène droit au chaos.

Par Ababacar Gaye/SeneNews

kagaye@senenews.co



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