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Sokhna Ndèye Astou Sy, fille de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, un modèle économique


Rédigé le Vendredi 30 Janvier 2026 à 12:39 | Lu 59 fois | 0 commentaire(s)




La vie est un véritable parcours de combattant. Refusant même l’appellation de marabout, qu’elle définit comme « un oiseau au bord du lac qui mange des poissons morts », cette femme de développement est membre de la cellule Zawiya Tidiane depuis quinze ans. Petite-fille de Mame El Hadj Malick Sy et de Gaspard Camara, elle est titulaire d’une maîtrise en biotechnologie. 

Née en 1965 à Dakar, au Plateau, elle a grandi entre Dakar et Thiès. En plus de sa formation au daara, parcours naturel dans sa famille, elle a suivi un cursus scolaire classique. Après la maternelle au Petit Train Bleu, son père, ne souhaitant pas qu’elle reste constamment à Dakar, fit venir sa mère à Thiès, où elle obtint son BFEM. 

Elle effectua le cycle primaire à l’école Saint-Augustin, puis le cycle moyen au Collège Saint-Esprit de Thiès. Après une année au Lycée Malick Sy, sa mère retourna définitivement à Dakar, où elle intégra le Lycée Lamine Guèye, décrochant son baccalauréat série D. 

En 1985, influencée par la vocation familiale — son grand-père maternel, Gaspard Camara, étant médecin — elle s’inscrivit à l’Université de Dakar, pour des études de médecine. Son grand-père souhaitait que Henriette Bébé Camara et Sokhna Aïcha Sy deviennent médecins. Mais après sept à huit ans jugés trop longs, elle abandonna. Il la qualifiera alors de paresseuse. Elle s’orienta ensuite vers la pharmacie, qu’elle suivit pendant un an. 
Cependant, les grèves répétées et le climat universitaire la découragèrent. En 1987, elle déposa une préinscription au Canada, faisant partie des premières générations d’étudiants sénégalais à y émigrer. 

À son arrivée, elle entama des études de biologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), avant de se spécialiser en biotechnologie, puis en microbiologie. Elle comprit alors que les étudiants étrangers n’étaient pas autorisés à faire médecine, en raison des lourdes subventions étatiques réservées aux nationaux. 

Après un passage d’un an en analyse financière, qu’elle jugea trop abstrait, elle rejoignit l’Université de Montréal, où elle obtint un baccalauréat, puis une maîtrise en microbiologie. Elle poursuivit ensuite son parcours aux États-Unis, afin d’améliorer son anglais, y restant douze ans sans revenir au Sénégal. 

Une vie de “Fatou-Fatou” aux États-Unis 

Durant ces douze années passées sans papiers, elle mena une vie de débrouille, communément appelée Fatou-Fatou. Sans attaches familiales, il fallait survivre. 

Son premier emploi fut dans le milieu de la mode, à Manhattan. Elle y accueillait et guidait des hôtesses et des vendeurs venus d’autres États, leur indiquant les points de vente d’articles (jupes, pantalons, tops…). Elle gagnait 500 dollars par semaine, une grande fierté pour son premier travail. 

Après un à deux ans, elle intégra le commerce, travaillant pour des industriels ayant lancé aux États-Unis, le concept de magasins à bas prix, équivalent du « Tout à 1 000 francs ». Elle gravit progressivement les échelons jusqu’à devenir manager, puis manager général. 

Mais dans ces entreprises familiales, les étrangers étaient rarement promus à des postes supérieurs. Face au plafond de verre, elle démissionna après plusieurs années de service. 

Elle se lança alors dans le petit commerce pour subvenir à ses besoins. Mariée à l’époque à un Sénégalais, elle finit par s’interroger sur le sens de ces dix années de sacrifices. Le déclic survint lorsqu’elle entendit à la télévision, que le SMIC américain avait été augmenté de 500 dollars. Elle réalisa alors qu’avec une maîtrise, elle gagnait moins que le salaire minimum. 
Ce jour-là, elle prit la décision de rentrer au Sénégal, vers 2002, animée par la nostalgie de sa famille, notamment de sa mère, qu’elle n’avait pas vue depuis longtemps. « I miss my family », dira-t-elle. 

Du jus en sachet à la réfection de bâtiments 

De retour au pays, compte tenu de ses diplômes, un poste lui fut proposé à l’ISRA, qu’elle n’occupa finalement jamais. Elle n’a travaillé qu’une seule fois dans son domaine de formation aux États-Unis, au sein d’un centre de transfusion sanguine. 


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