Les conjectures vont bon train depuis le limogeage d’Ousmane Sonko. À Dakar, les cercles politiques et les observateurs s'interrogent activement sur l'identité de celui qui sera appelé à diriger le prochain attelage gouvernemental. Une certitude s’impose déjà : le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, devra porter son choix sur une personnalité, qu'elle soit politique ou technocrate, immédiatement opérationnelle.
« On n'a pas de temps à perdre et les urgences s'amoncellent », confie sous le sceau de l'anonymat un analyste politique interrogé par Seneweb. Selon lui, le profil du futur chef du gouvernement répond à des critères très précis : « Il doit être un fin connaisseur de l'administration, disposer d'un solide entregent et, surtout, être capable de renouer le dialogue avec les partenaires techniques et financiers. C'est capital pour desserrer l'étau financier actuel, le Sénégal étant contraint de s'endetter sur le marché de l'UEMOA à des taux particulièrement exorbitants. » Au-delà des compétences économiques, le successeur d'Ousmane Sonko sera également attendu sur sa posture institutionnelle, notamment à travers un respect scrupuleux des prérogatives du chef de l'État, particulièrement en matière de politique étrangère, domaine qui reste la chasse gardée du président.
Quid des profils pressentis pour occuper la Primature ? À l'heure actuelle, plusieurs noms circulent avec insistance dans les salons feutrés et sur les réseaux sociaux. Parmi les figures les plus agitées, on retrouve Mouhamadou Makhtar Cissé, un inspecteur général d'État (IGE) au pedigree de haut fonctionnaire largement salué. Le nom de Makhtar Diop, actuel directeur général de la Société financière internationale (IFC) et ancien ministre des Finances sous le régime de Me Abdoulaye Wade, est également évoqué pour son profil très international. D'autres figures plus politiques, à l'instar d'Amadou Ba, leader de la coalition Nouvelle Responsabilité, ou encore d'Abdoulaye Daouda Diallo, reviennent régulièrement dans les discussions.
Toutefois, la discrétion reste de mise autour de la table du Palais. Comme souvent face aux secrets de la signature présidentielle, le chef de l'État conserve l'entière initiative de sa décision, et les Sénégalais ne sont pas à l'abri d'une surprise de dernière minute.








