La vie a repris son cours dimanche selon plusieurs résidents de Niamey, la capitale du Niger, secouée la veille par une mutinerie déjouée par le régime militaire avec l'appui de son partenaire russe.
D'intenses combats ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi et ce n'est qu'en fin de journée que l'armée et ses alliés russes, les paramilitaires d'Africa Corps, ont repris le contrôle face à des mutins qui avaient notamment tenté de pénétrer dans les locaux de la présidence.
Plusieurs mutins ont été tués selon une source sécuritaire et d'autres arrêtés, des images de la télévision publique montrant des soldats qui se rendaient.
Le Niger est dirigé par le général Abdourahamane Tiani, arrivé lui même au pouvoir par un putsch en juillet 2023 et qui s'est rapproché de la Russie, un partenaire privilégié.
Dimanche matin, à Niamey, les accès à la base aérienne de l'aéroport - où s'étaient retranchés les mutins samedi - et à la présidence étaient de nouveau rouverts, selon des résidents de la capitale.
Les habitants vaquent à leurs occupations et des commerces fermés samedi ont également rouvert, comme le grand marché de Niamey.
"Nous avions passé une nuit d'enfer, vendredi, ce matin c'est comme au paradis car la soirée d'hier (samedi) a été très agréable", raconte un résident de Talladjé, un quartier proche de la base 101.
Un important dispositif sécuritaire est toutefois maintenu avec des soldats qui filtrent les entrées à la présidence avec des détecteurs de métaux.
Des véhicules surmontés de mitrailleuses et des soldats sont également postés le long des rues proches de la présidence et un dispositif similaire est en place vers l'aéroport.
"Ce qui s'est passé (la mutinerie, ndlr) c'était entre nous Nigériens. Il faut désormais que des choses aussi graves ne se reproduisent plus, le pays fait déjà face au terrorisme", a affirmé un commerçant du quartier Route Tchanga, riverain de l'aéroport.
C'est la troisième fois cette année que Niamey connaît des échanges de tirs mais en janvier et en juin il s'agissait d'attaques jihadistes visant l'aéroport international et la base militaire, qui avaient été repoussées en quelques heures, déjà avec l'aide d'Africa Corps pour la première d'entre elles.
Le Niger fait face depuis le milieu des années 2010 à des violences jihadistes qu'il peine à endiguer, comme ses voisins, le Burkina Faso et le Mali, également dirigés par des juntes qui se sont aussi rapprochés de Moscou.







