Le palais de Justice Lat Dior de Dakar a abrité, ce jeudi, la cérémonie officielle de lancement des plateformes numériques e-Justice et Jokko Ak Yoon. Présidée par Samba Kane, directeur de cabinet du garde des Sceaux, ministre de la Justice Me Moussa Sarr empêché par le Conseil des ministres, cette rencontre marque un tournant historique dans la modernisation, la dématérialisation et le rapprochement de l’appareil judiciaire sénégalais avec les citoyens.
La rencontre a enregistré la présence du procureur général Mbacké Fall, la représentante du PNUD au Sénégal, Catherine Phuong et divers partenaires techniques et financiers.
Le premier président de la Cour d’appel de Dakar, Abdoulaye Ba, a magnifié une initiative qui constitue « le point de départ d’une étape décisive pour la modernisation de notre système judiciaire ». Soulignant la sensibilité des données judiciaires, M. Ba s’est réjoui de voir la justice sénégalaise disposer de ses propres infrastructures d’hébergement, garantissant ainsi la sécurisation et la souveraineté du système d’information.
Dans la foulée, il a invité l’ensemble des magistrats, greffiers et personnels judiciaires à s’approprier pleinement ces innovations pour élever la justice aux standards internationaux.
Une déclinaison concrète du « New Deal technologique »
Prenant la parole au nom du garde des Sceaux, le directeur de cabinet Samba Kane a rappelé que ce chantier s’inscrit en droite ligne des orientations fixées par le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, à travers la Vision Sénégal 2050 et le « New Deal technologique » lancé le 24 février 2025.
« Il ne s’agit pas du simple lancement de deux plateformes informatiques, mais d’une étape clé dans la transformation du service public de la justice », a affirmé M. Kane. Dans le détail, la plateforme e-Justice s’impose comme le socle métier destiné à accompagner la dématérialisation des chaînes pénales, civiles, commerciales et sociales. Elle vise à offrir aux magistrats et greffiers un cadre numérique fluide, garantissant la traçabilité des procédures et la réduction des délais de traitement.
De son côté, Jokko Ak Yoon (le dialogue avec la justice) incarne la dimension citoyenne de cette réforme. Conçue comme un espace d’écoute, d’orientation et de signalement, elle permettra aux usagers d’adresser directement au ministère leurs requêtes, réclamations ou demandes d’information.
Samba Kane précise toutefois que Jokko Ak Yoon n’a pas vocation à délivrer des actes administratifs ou judiciaires, mais à faciliter l’orientation et à supprimer les lourdeurs bureaucratiques pour le citoyen. Afin d’éviter toute exclusion numérique, un centre d’appel et un numéro vert viendront prochainement compléter ce dispositif.
La cérémonie s’est conclue par la remise symbolique d’un lot d’ordinateurs au premier président de la cour d’appel par le directeur de cabinet du garde des Sceaux.
Par ailleurs, pour saluer l’engagement des acteurs ayant piloté et expérimenté ces projets, 18 trophées symboliques ont été décernés aux présidents de juridiction qui se sont distingués par leur contribution remarquable à la conception de ces nouvelles solutions numériques.








