Cheikh Dieng est soulagé. Le tribunal correctionnel de Dakar l’a déclaré non coupable des accusations de diffamation portées contre lui par Vicas et Delta, des sociétés spécialisées dans le domaine de l’assainissement. Dans un entretien paru ce jeudi dans L’Observateur, l’ancien directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) «savoure cette victoire du droit». Mais il en a profité pour solder ses comptes avec le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, à qui il reproche d’avoir visé et obtenu sa tête pour préserver les intérêts des entreprises qui le poursuivaient en justice. «Il y a eu une immixtion inacceptable du ministre dans les prérogatives de la direction générale de l’ONAS», allume-t-il.
Le maire de Djeddah Thiaroye Kao de développer : «J’ai présenté au juge les courriers et les e-mails que le ministre Cheikh Tidiane Dièye adressait directement à mes services en me contournant. Le ministre intervient personnellement pour imposer la réattribution de marchés à Delta et Vicas sous forme d’entente directe. J’ai même présenté au tribunal les projets de contrats qu’il avait fait préparer et qu’il exigeait que je signe. Ce que j’ai naturellement et catégoriquement refusé, par respect pour les procédures.»
Cheikh Dieng ne pas sortira indemne de ce bras de fer : il sera limogé. «Par la suite, pointe l’ancien édile, on a vu une première dans l’histoire administrative de notre pays : un ministre de la République qui signe trois communiqués officiels, sous le sceau de l’État, pour prendre fait et cause pour des entreprises privées contre son propre directeur général. C’était un procès par procuration. Ils voulaient à tout prix me museler.»








