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Madiambal Diagne : Ce procès n’est pas le sien, c’est celui de la liberté


Rédigé le Mardi 3 Mars 2026 à 15:49 | Lu 55 fois | 0 commentaire(s)




Madiambal Diagne : Ce procès n’est pas le sien, c’est celui de la liberté

La décision de la justice française favorable à l’extradition de Madiambal Diagne ne concerne pas seulement un homme. Elle concerne une idée. Elle concerne un principe. Elle concerne une frontière invisible mais essentielle : celle qui sépare l’État de droit de l’intimidation.Car au fond, ce dossier dépasse largement la personne de Madiambal.

Ce qui se joue à Paris n’est pas une simple procédure judiciaire. C’est une bataille symbolique pour la liberté de la presse en Afrique francophone. C’est un test grandeur nature : jusqu’où peut-on aller pour faire taire une voix critique ?

Madiambal Diagne n’est pas un journaliste ordinaire. Doyen respecté, patron de presse, employeur de dizaines de professionnels, il a traversé les régimes, les crises et les alternances sans jamais renoncer à son indépendance éditoriale. On peut ne pas partager ses positions. On peut contester ses analyses. Mais on ne peut pas nier son rôle central dans l’espace public sénégalais et c’est précisément pour cela que cette affaire inquiète.

Car lorsque des journalistes qui ont simplement osé l’interviewer sont arrêtés…
Lorsque des rédactions subissent des sanctions à peine voilées…
Lorsque la pression déborde du champ professionnel pour s’immiscer jusque dans la sphère familiale alors il ne s’agit plus d’un dossier judiciaire. Il s’agit d’un climat et ce climat est lourd.

L’extradition de Madiambal, si elle devait être confirmée, enverrait un message glaçant : aucun journaliste n’est à l’abri , aucun doyen n’est intouchable ,aucune carrière ne protège contre l’acharnement ce serait un signal d’alarme pour toute la profession.

Mais au-delà de la presse, c’est aussi un message aux investisseurs, aux partenaires internationaux, à tous ceux qui observent le Sénégal comme un modèle de stabilité en Afrique de l’Ouest. Un pays où un patron de presse reconnu peut être happé dans une bataille politico-judiciaire envoie un signal d’incertitude. Or l’investissement aime la prévisibilité, la transparence, la sécurité juridique. On ne construit pas un climat économique rassurant en donnant le sentiment que les voix critiques doivent être neutralisées.

Ceux qui ont suivi les événements de 2021 savent combien l’image du pays peut rapidement se fissurer. Les entreprises étrangères, les enseignes internationales, les acteurs économiques ont déjà payé le prix de la tension politique. Faut-il ajouter à cela une crise de confiance médiatique ?

Madiambal Diagne et son pool d’avocats n’ont pas baissé les bras. Leur combat devant la justice française est aussi un combat pour le principe : celui du respect des droits fondamentaux et de la liberté d’expression. Il ne s’agit pas de sanctuariser un homme. Il s’agit de protéger une fonction : celle d’informer, de questionner, d’interroger le pouvoir.

Dans une démocratie mature, la presse dérange , elle ne flatte pas ,elle ne caresse pas dans le sens du poil , elle gratte là où ça fait mal et c’est son rôle.

Aujourd’hui, défendre Madiambal Diagne, ce n’est pas défendre un camp politique. Ce n’est pas défendre une ligne éditoriale. C’est défendre l’idée que le débat public ne doit pas se régler par la peur , car lorsqu’on commence à embastiller les voix critiques, c’est toute la société qui finit enfermée. L’histoire jugera cette séquence.

Mais déjà une chose est claire : ce procès a transformé Madiambal en symbole. Et les symboles, lorsqu’ils incarnent la liberté, ne se brisent pas facilement.

Baba Aidara

Journaliste d’Investigation



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