Leurs styles s'opposent sur la pelouse, mais aussi en coulisses: le PSG et Arsenal n'ont pas le même modèle financier ni les mêmes infrastructures tout en ayant une politique de formation similaire.
. Propriétaire: Etat ou homme d'affaires
Depuis 2011, le Qatar, via le fonds Qatar Sports Investments (QSI) et son président Nasser Al-Khelaïfi, est le propriétaire du PSG. Au total, l'Etat a investi officiellement 1,4 milliard d'euros dans le projet parisien via QSI.
La valorisation du club est passée de 70 millions d'euros en 2011 à 4,2 milliards en décembre 2023, lors de la vente d'une part du capital au fonds d'investissement américain Arctos. QSI possède également le club belge de KAS Eupen (2e division) mais aussi le World Padel Tour et noue des partenariats tous azimuts pour renforcer la marque PSG.
Le milliardaire américain Stan Kroenke (78 ans), promoteur immobilier à succès, possède Arsenal aussi depuis avril 2011. Il a pris le contrôle total du club en 2018 et le co-préside avec son fils, Josh Kroenke.
Ce septuagénaire discret, passionné de sport et imperméable aux diktats du résultat immédiat, a bâti un empire dénommé Kroenke Sports & Entertainment qui comprend, outre Arsenal, des franchises de basketball (Denver Nuggets), football américain (Los Angeles Rams), hockey-sur-glace (Colorado Avalanche) et baseball (Colorado Rapids).
. Capitaux ou budget
Avec un budget environ de 600 millions d'euros, le club au canon a investi massivement l'été dernier pour recruter notamment Viktor Gyökeres, Eberechi Eze, Martin Zubimendi, Noni Madueke et Cristhian Mosquera (en plus de Kepa, Hincapie, Norgaard).
A Paris, le budget est, lui, estimé à 880 millions d'euros, ce qui place le club parmi les plus riches du monde.
Si le PSG a réduit la voilure concernant sa section féminine, Arsenal en a fait une priorité et son équipe est actuellement l'une des meilleures d'Europe, après avoir remporté la Ligue des champions féminine l'année dernière (demi-finale cette saison).
- Direction sportive
En 2025, Arsenal a confié la direction sportive à Andrea Berta, ancien homme de l'ombre de Diego Simeone à l'Atlético Madrid, pendant douze années. L'Italien de 54 ans a une cote très élevée sur le marché.
Ce banquier de formation a poussé pour la venue de Gyökeres, aux dépens du Slovène Benjamin Sesko, et il a convaincu Arteta de recruter le défenseur Cristhian Mosquera (21 ans), une des bonnes pioches de l'été dernier, en provenance de Valence.
A Paris, Luis Campos, le conseiller sportif de 61 ans, est lui aussi une figure très reconnue dans le milieu et une pointure dans le domaine du recrutement. L'année dernière, le Portugais, passé par le Real Madrid, Monaco et Lille, a été conforté à son poste jusqu'en 2030, avec un périmètre encore plus large.
C'est lui qui a les rênes du mercato parisien, en lien avec l'entraîneur Luis Enrique et "NAK". Il est à l'origine de découvertes de nombreuses pépites comme Joao Neves ou Willian Pacho.
. Stade
Le PSG n'est pas propriétaire du Parc des Princes et s'y sent à l'étroit depuis qu'il a pris une dimension mondiale. Désireux de racheter son enceinte historique afin d'y effectuer des travaux d'agrandissement, le club avait essuyé une fin de non-recevoir fin 2022 de la part de la Mairie de Paris, échaudée par le prix proposé, avant de se retrouver en froid avec Anne Hidalgo durant les derniers mois de son mandat. Les dirigeants parisiens ont donc officiellement entamé des études pour construire un grand stade à Massy ou Poissy.
Mais depuis l'élection en mars d'Emmanuel Grégoire, la mairie de Paris et le PSG ont repris le dialogue. De quoi remettre l'hypothèse de l'achat du Parc des Princes sur le dessus de la pile ?
Même sans en être le propriétaire, le Parc des Princes rapporte beaucoup au club, avec des recettes records grâce à des matches systématiquement à guichets fermés et des programmes VIP monnayés au prix fort.
Contrairement au PSG, Arsenal est propriétaire de l'Emirates, son stade ultra-moderne de plus de 60.000 places inauguré en 2006, à deux pas de l'ancien Highbury (38.400 places à sa fermeture) dans le nord de Londres.
Les recettes associées aux matches (billetterie, merchandising, etc.) ont atteint près de 177 millions d'euros en 2025.
. Centre formation
A Paris, le centre de formation est devenu une priorité et une vitrine du club depuis la sortie de terre de l'immense Campus PSG en 2023, où se croisent (de loin) les jeunes, la section féminine et l'équipe première masculine.
Les jeunes Warren Zaïre-Emery et Senny Mayulu sont les figures de proue de ce projet de formation. Et Luis Enrique a donné du temps de jeu à plusieurs autres jeunes cette saison, notamment pour combler les absences liées aux blessures. Mais le PSG voit aussi régulièrement des "titis" partir.
Comme Paris, Arsenal sort des pépites à intervalles réguliers de sa très réputée "Academy" basée à Hale End, dans le nord-est de Londres. L'ailier star Bukayo Saka, au club depuis l'âge de huit ans, représente le symbole absolu de cette excellence fait-maison. L'équipe actuelle compte d'autres anciens "Young Gunners" comme Myles Lewis-Skelly (19 ans) ou encore le très jeune attaquant Max Dowman (16 ans).








