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Lettre ouverte de Samba Diouldé Thiam À Monsieur Bassirou Diomaye Faye Président de la République du Sénégal, respectueusement.


Rédigé le Vendredi 10 Juillet 2026 à 18:01 | Lu 52 fois | 0 commentaire(s)





Notre pays vient de traverser un des conflits les plus critiques de son histoire, entre les pouvoirs exécutif et législatif.

L'attaque la plus redoutable et la plus perfide contre le régime présidentiel sous lequel vit le pays depuis le dénouement de la crise de 1962 a été livrée par le parti majoritaire à l'assemblée nationale, parti dont  vous êtes à  ce jour membre. 

Au motif que vous êtes en désaccord avec le Président de ce parti qui fut votre Premier ministre, voilà que notre régime politique et nos institutions ont été retaillés à la hauteur d'une ambition !

Et tout dans ce texte vous réduit à n'être qu'un acteur lilliputien !

Qui dirige un parti politique d'une main de fer dirigera un pays de la même manière.

Savoir lire les signes est une des injonctions fortes de Dieu.

Monsieur le Président de la République,

Ce qui s'est produit une deuxième fois pourrait se reproduire sauf si une décision ferme, vigoureuse et INSCRITE DANS UNE CLAUSE D'ÉTERNITÉ n'y pare.

Que l'Assemblée et la Présidence soient en désaccord est normal en démocratie, si la majorité parlementaire change de camp. 

Des négociations intelligentes permettent de s'en tirer.

Que de tels désaccords menacent la Constitution, voilà ce qu'il faut prévenir.

Le Conseil Constitutionnel, consulté, a livré le droit, opposable à tous dans ce pays.

Ce faisant, il vous rend maître de la situation pour agir.

Voilà pourquoi me semble-t-il, le droit de dissolution de l'Assemblée nationale doit demeurer une prérogative du Président de la République, après SEULEMENT un an de fonctionnement, premièrement.

Deuxièmement, LA RÉVISION CONSTITUTIONNELLE DEVRAIT EXCLUSIVEMENT RELEVER DU RÉFÉRENDUM, ET CETTE CLAUSE LÀ  DEVRAIT ÊTRE IMPRESCRIPTIBLE.

Monsieur le Président de la République,

L'expérience d'un Président de la République qui n'est pas le  CHEF de la majorité parlementaire s'est révélée être  trop coûteuse pour celui qui définit la politique nationale et qui devient impuissant devant une assemblée hostile.

La malfaisance de cette situation s'observe à l'œil nu.

Aujourd'hui le régime politique sénégalais est présidentiel, demain il pourrait être parlementaire.

En attendant le changement de régime,  l'autorité exécutive demeure le Président de la République et le gouvernement qu'il  nomme.

L'équilibre des pouvoirs ne signifie jamais 50% -50% ! 

Une telle idée est corrosive et paralysante.

La dilution du pouvoir exécutif, quelle que soit sa source, est une idée anarchiste. 

Un ou des contre-pouvoirs sont des temporisateurs et non des pouvoirs égaux au pouvoir exécutif.

À s'installer dans les illusions démocratiques, un pays ne construira pas son avenir et son développement à  rythme pertinent.

Deux ans de bicéphalisme ont plongé le pays dans la détérioration des paramètres économiques et sociaux, tout  le pays gémit, par la faute  d'une parole et une pratique incompétentes.

Un "Projet" n'est pas une personne et une personne n'est pas un "Projet".

Monsieur le Président de la République,

Qu'on vous aime ou non, vous avez rendez-vous avec l'histoire, parce que, jusqu'à 2029, vous tenez en vos mains le sort du Sénégal.

Le temps est court et il n'est pas possible de le faire avancer plus lentement.

Dès lors, vous devez aller plus vite tout en étant le plus avisé possible.

Je ne suis ni avec vous ni contre vous, je suis avec le Sénégal, pays auquel j'ai consacré ma vie, mon engagement, mon intelligence et mon intégrité.

Je ne suis pas dans le sentiment ou le ressentiment voire la revanche, cependant, comme par le passé, j'exprime sans violence, sans injure et sans fixation mes accords et mes désaccords sur les politiques qui façonnent notre pays.

Cela m'a coûté ce que cela m'a coûté et j'assume cette voie qui a structuré ma vie.

Il y'a énormément de Sénégalais qui ont fait autant ou plus que moi.

J'ai noté que vous y avez prêté attention et vous l'avez dit.

Merci d'avoir reconnu et dit que ce pays a été tenu par d'autres avant vous et que vous transmettrez le flambeau.

C'est bien de l'avoir exprimé et de vous découvrir à vos concitoyens que vous n'êtes un messie.

Seul le ciel consacre les messies et il faut attendre d'y être !

Un pays qui n'est ni muet ni asservi par une dictature et qui a rendez-vous avec ceux qui le conduisent tous les cinq ans, ne craint pas l'usage d'une saine autorité, fut-elle un peu rude. 

Il saura y répondre le moment venu.

Recevez, Monsieur le Président de la République, mes respects républicains et citoyens.

Samba Diouldé THIAM


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