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Le Sénégal est plus grand que chacun d'entre nous" : La réponse de Moussa Bala Fofana au recadrage de Sonko


Rédigé le Jeudi 4 Juin 2026 à 16:30 | Lu 84 fois | 0 commentaire(s)



Suite à la déclaration du 2 juin 2026 d'Ousmane Sonko reprochant à certains ministres reconduits de s'être affranchis des directives de PASTEF, Moussa Bala Fofana a répondu directement à son désormais ex leader. Le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires revendique son entière autonomie. Plaçant le devoir républicain et l'intérêt national au-dessus des calculs de parti, il oppose la légitimité de sa conscience aux exigences de l'appareil militant.


La tension larvée au sein de la mouvance au pouvoir a fini par éclater au grand jour. Prenant acte des griefs formulés par le président de PASTEF, Moussa Bala Fofana a choisi de rompre le silence pour clarifier définitivement sa position. « Oui, j’ai agi en toute liberté et à titre personnel », réplique-t-il d'emblée.

Loin d'un coup de tête ou d'un reniement opportuniste, le ministre présente sa reconduction au sein de l'attelage gouvernemental comme un arbitrage moral mûrement réfléchi. « J’ai pris librement cette décision, en mon âme et conscience, sans aucune arrière-pensée », insiste-t-il, avant de rejeter vigoureusement les accusations d'addiction aux privilèges. Pour lui, ce choix n'a pas été dicté « par défiance, ni pour conserver une fonction, encore moins pour succomber à une quelconque tentation du pouvoir, car il n’y a pas de pouvoir à être un serviteur de la République ».

Il avoue avoir agi en sachant pertinemment qu'il allait « perdre une famille politique, des compagnons de combat et faire face aux critiques, aux calomnies et aux insultes ».

Face aux injonctions de sa formation d'origine, Moussa Bala Fofana rappelle qu'à un moment donné, tout dirigeant se retrouve confronté à un arbitrage cornélien qui engage son éthique personnelle. « Entre une logique partisane et ce que je considérais être mon devoir envers la Nation, à savoir honorer notre part des promesses faites au peuple sénégalais lors de la campagne de 2024, j’ai choisi de poursuivre la mission qui m’avait été confiée au service du Sénégal ».

Pour le ministre de l'Urbanisme, la pérennité de l'État et la continuité des réformes engagées priment sur les états d'âme et les querelles de positionnement internes. : « Je demeure convaincu que nos destins individuels, nos différends et nos contradictions personnelles pèsent peu face aux exigences de l’intérêt supérieur de la Nation. Le Sénégal est plus grand que chacun d’entre nous ». Revendiquant un choix guidé exclusivement par la dignité et le sens des responsabilités, il assume de tourner le dos aux applaudissements de la base : « Je n’ai pas choisi la facilité ; j’ai choisi le devoir, parfois ingrat. Je n’ai pas choisi le confort de la popularité ; j’ai choisi la continuité du service public dans la sobriété et la responsabilité ».

Malgré la rupture politique radicale et la fin de son compagnonnage militant, Moussa Bala Fofana refuse de céder à l'animosité. Réitérant ses « propos fraternels à l’endroit du Président de l’Assemblée nationale, Monsieur Ousmane Sonko », il réaffirme que ce dernier demeure pour lui « un grand frère, un compagnon de lutte et une personnalité pour laquelle je conserve de l’estime, du respect et de la considération ».

« Rien de ce qui se passe aujourd’hui ne saurait effacer cette histoire commune ni les liens forgés dans la sincérité, l’intelligence et le respect mutuel », écrit-il. Évoquant leurs travaux passés, il rappelle l'existence d'une complicité doctrinale inaltérable : « Dans une Å“uvre intellectuelle sur la décentralisation, où chacun a écrit sa part, nous avons scellé un lien du savoir ». 



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