Après le nouveau rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) par la Commission des finances de l'Assemblée nationale, la Coordination départementale de Kiiraay de Diourbel a tenu un point de presse ce dimanche pour dénoncer l'attitude de la majorité parlementaire. Les responsables locaux ont invité les deux députés élus dans le département, Alioune Sène et Coumba Ndiaye, à voter le texte. Le maire de Patar, Adiou Sène, a placé les députés « face à leurs responsabilités devant l'histoire ».
Selon lui, un rejet compromettrait la réalisation de nombreux engagements, notamment les bourses sociales, l'approvisionnement en eau à Touba et le paiement des salaires. Le Dr Ameth Niang a, lui, évoqué la suspension du redoublement des bourses, l'attente des entreprises et le complément de rémunération des soignants, avant d'appeler à tout faire pour que la loi passe « de novembre à décembre ».
Le directeur du Centre régional des œuvres universitaires et sociales (CROUS) de l'université Alioune Diop de Bambey, Baye Mayoro Diop, a tenu les propos les plus virulents. Il accuse la majorité de PASTEF d'avoir « décidé de confisquer le pouvoir populaire » à des fins qu'il qualifie de « crypto-personnelles, politiciennes, égoïstes et cyniques ».
D'après lui, ses membres ne sont plus là pour accompagner le régime du président de la République et la volonté populaire exprimée en mars 2024, mais pour « la confiscation du pouvoir ».
Il a rappelé que cette majorité avait voulu installer « un président du président », ce que les Sénégalais ont refusé, puis installé à la tête de l'Assemblée un président qui « ne devrait pas occuper actuellement le perchoir ».
Elle a aussi tenté, poursuit-il, de transférer à l'Assemblée des prérogatives du chef de l'État, une tentative rejetée par le Conseil constitutionnel. « Désormais, la seule chose qui leur reste, c'est de priver le peuple sénégalais des mécanismes et des moyens de vivre », a-t-il affirmé, jugeant la situation « très grave » : salaires, factures des hôpitaux, transport, éducation et bourses de sécurité familiale dépendent, a-t-il dit, du vote de la loi.
Estimant que le Parlement « n'est plus légitime », Baye Mayoro Diop dit voter pour sa dissolution. Évoquant sa propre situation, il a expliqué qu'il aurait des difficultés à payer « des centaines de personnes » à la fin du mois, « simplement parce qu'une centaine de députés, qui se sont offert des véhicules 4x4 coûtant 55 millions F CFA, ont décidé d'affamer le peuple ». Il estime que « la question de l'intervention du citoyen se pose désormais » et qu'il faut « leur faire face ».
Allant plus loin, il a demandé que les parlementaires soient poursuivis, les accusant de nourrir « des objectifs de trahison et de liquidation de notre peuple ». « Il faut les arrêter avant qu'ils n'en arrivent là », a-t-il lancé, visant « notamment » le chef du PASTEF. « Il faut arrêter Ousmane Sonko et ses députés que je qualifie d'insulteurs, ces gaspilleurs d'argent». Il a ajouté : « Il faut le rendre inéligible à vie. C'est l'objectif », précisant que c'est le devoir du peuple sénégalais.
Refusant de laisser « un individu, qui n'a aucune moralité, s'attaquer aux institutions républicaines et déstabiliser continuellement notre peuple », le directeur du CROUS de Bambey a soutenu l'avoir déjà dit il y a bientôt un an : « Cet homme est un déstabilisateur et il faut l'arrêter.»







