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Keur Massar : Dans les coulisses d’un réseau de proxénétisme, quatre femme écrouées


Rédigé le Samedi 22 Août 2026 à 07:18 | Lu 42 fois | 0 commentaire(s)




La Sûreté urbaine de Dakar a démantelé un réseau de proxénétisme à l’Unité 11 des Parcelles Assainies de Keur Massar. Quatre dames ont été interpellées. Il s’agit de M. D. Gning, 36 ans, A. Sèye, 22 ans, A. Niane, 23 ans, et S. Dieng, 26 ans.

Toutes ont été déférées, le 18 août passé, devant le parquet de Pikine-Guédiawaye pour association de malfaiteurs, proxénétisme, racolage et défaut de carnet sanitaire. Elles ont été écrouées par le procureur de la République pour être jugées devant le tribunal des flagrants délits.

Le 28 juillet 2026, le Commissaire central de Dakar par intérim avait saisi la Brigade de recherches de la Sûreté urbaine à la suite d’informations faisant état de l’existence d’un réseau de proxénétisme dans un appartement situé à Keur Massar. Des enquêteurs se sont rendus sur place pour une mission d’infiltration. Celle-ci a permis de confirmer l’existence d’une activité de prostitution organisée. C’est ainsi que les jeunes filles M. D. Gning, A. Sèye et A. Niane ont été interpellées.

La fouille de l’appartement permet aux policiers de découvrir 3 carnets sanitaires, 5 paquets de préservatifs contenant chacun 50 unités, 1 paquet de serviettes de table et surtout 15 téléphones portables simples qui servaient à répondre aux appels des clients. Deux autres téléphones appartenant à Maman Diéguène Gning et Awa Sèye ont également été saisis.

Elle passe à table…

Lors de son audition, A. Sèye a expliqué avoir commencé la prostitution il y a quelques semaines. Elle affirme avoir été mise en rapport avec M. D. Gning par un individu nommé Ousseynou, car elle était à la recherche d’un emploi pour subvenir à ses besoins. N’ayant pas le choix, elle a accepté la proposition.

D’après son récit, M. D. Gning lui a donné une chambre dans l’appartement. Elle y recevait des clients pour des parties de sexe rémunérées. A. Sèye évoque des tarifs de 10 000 FCFA pour un rapport complet et 5 000 FCFA pour un rapport simple.

Elle affirme ensuite remettre les recettes à sa patronne. En contrepartie, elle recevait 50 000 FCFA par semaine. La jeune femme reconnaît pratiquer la prostitution, tout en précisant être inscrite au fichier sanitaire et social et effectuer régulièrement ses visites médicales.

Entendue, M. D. Gning, 36 ans, reconnaît, elle aussi, pratiquer la prostitution. Elle affirme exercer depuis environ deux ans. Mais elle réfute catégoriquement être une proxénète. Selon elle, les femmes retrouvées dans l’appartement sont simplement des colocataires. L’appartement comporte quatre chambres et chacune occupe une pièce. Elle affirme que chacune d’elles travaille pour son propre compte et participe au paiement du loyer, fixé à 150 000 FCFA par mois, à hauteur de 50 000 FCFA.

Le contrat de location, précise-t-elle, est cependant établi au nom de S. Dieng, qui occupait auparavant les lieux. La jeune dame rejette ainsi les accusations d’A. Sèye et d’A. Niane qui la présentent comme leur patronne.

Elle explique également utiliser les réseaux sociaux, notamment TikTok, Facebook et Instagram, pour diffuser ses propres annonces et attirer sa clientèle.

Les enquêteurs s’intéressent cependant à plusieurs transferts effectués via Wave depuis le compte de M. D. Gning vers un numéro rattaché à S. Dieng. Interrogée sur ces mouvements financiers, elle affirme qu’il s’agit de cotisations versées dans le cadre d’une tontine organisée par Soukeyna Dieng.

Cette explication n’a pas convaincu les enquêteurs, d’autant qu’A. Niane dit le contraire. Lors de son interrogatoire, elle reconnaît pratiquer la prostitution. Elle affirme cependant travailler depuis environ huit mois pour le compte de S. Dieng. Selon elle, cette dernière est la véritable responsable des lieux. Elle a été recrutée par l’intermédiaire d’un certain Malick, présenté comme un proche de S. Dieng. Astou Niane affirme que Malick venait régulièrement à l’appartement pour superviser les activités des femmes et pouvait parfois y passer la nuit. Elle raconte également que M. D. Gning était chargée de recevoir les appels des clients et de les orienter. Les prestations étaient, selon elle, facturées entre 10 000 et 20 000 FCFA, tandis que les femmes percevaient chacune 50 000 FCFA par semaine.

TikTok, Facebook et Instagram comme vitrines

A. Niane affirme par ailleurs que les numéros utilisés pour attirer les clients étaient publiés sur les réseaux sociaux. Les enquêteurs vont vérifier cette piste. Des patrouilles cybernétiques sont effectuées sur TikTok, Facebook et Instagram. Elles permettent, selon le rapport, de retrouver des annonces rattachées aux numéros de téléphone utilisés par les mises en cause. Un élément que les enquêteurs considèrent comme venant conforter l’hypothèse d’une activité organisée.

Les accusations d’A. Niane conduisent les policiers jusqu’à un salon de beauté dénommé « Keyna-Beauté », présenté comme appartenant à Soukeyna Dieng. Cette dernière est interpellée.

Une fouille de sécurité ne permet pas de découvrir d’objet compromettant. Mais deux téléphones sont consignés : un iPhone 17 Pro rose et un iPhone 13 gris.

Entendue, S. Dieng avoue avoir exercé la prostitution dans le passé. Elle affirme toutefois avoir quitté le milieu et s’être reconvertie dans l’esthétique. Elle conteste les accusations d’A. Niane et nie avoir organisé l’activité des femmes retrouvées dans l’appartement. Elle reconnaît cependant avoir été la locataire du logement de Keur Massar lorsqu’elle pratiquait encore la prostitution. Après avoir cessé cette activité, elle affirme avoir laissé la gestion du logement à M. D. Gning.

Un autre appartement à Rufisque

Au cours de son audition, S. Dieng évoque également l’existence d’un appartement à Rufisque. Elle affirme avoir abandonné la gestion de ce logement à une certaine A. Diouf après avoir cessé la prostitution.

Les enquêteurs s’intéressent à cela, d’autant que S. Dieng a déclaré, lors de son interpellation, que des activités de prostitution pouvaient être exercées dans certains appartements dont elle avait assuré la location. Par contre, elle maintient ne plus avoir de rôle dans ces activités.

L’exploitation des téléphones

L’exploitation des téléphones de S. Dieng permet aux enquêteurs de revenir sur les mouvements d’argent. Plusieurs transferts récurrents provenant de numéros utilisés par les femmes qui l’accusent ont été relevés vers son numéro.

Encore face aux enquêteurs, S. Dieng soutient que les sommes reçues lui étaient simplement confiées par les intéressées. Elle affirme qu’elles venaient récupérer leur argent lorsqu’elles en avaient besoin. Les policiers relèvent toutefois qu’aucun transfert en sens inverse n’apparaît entre son numéro et ceux des femmes qui la désignent comme leur patronne.

Compte tenu des divergences entre les déclarations, une confrontation a été organisée. M. D. Gning et S. Dieng maintiennent leurs versions. A. Niane campe également sur ses déclarations. A. Sèye, par contre, change de version. Elle affirme finalement avoir été recrutée par S. Dieng, tout en maintenant que M. D. Gning supervisait ses activités. Elle précise même que cette dernière ne pratiquait pas la prostitution, mais se chargeait uniquement de gérer les autres femmes.



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