Contrairement à beaucoup de chefs d’État, qui changent de montre comme de chemise, Abdoulaye Wade, président de la République, apparaissait presque toujours avec la même. Une montre-bracelet noire au cadran rectangulaire argenté. Laquelle avait fait le bonheur du fabricant. «Depuis que vous la portez, mes ventes de ce modèle ont triplé», avait confié le PDG de Swatch, Nicolas Hayek. C’était en 2025.
Wade porte toujours la montre. À un moment de son échange avec le journaliste François Soudan dans sa résidence versaillaise, en mai dernier, quelques jours avant ses 100 ans, l’ancien chef de l’État y a jeté un coup d’œil subit. Embrayant, sourire aux lèvres, il adresse un clin à Hayek : «J’aurais dû lui réclamer un pourcentage.»
Le directeur de la Rédaction de Jeune Afrique, qui rapporte l’anecdote dans le numéro de juin du mensuel panafricain, signale que Wade venait juste de boucler une histoire tragique. Sa tentative d’exfiltrer Kadhafi, encerclé dans la caserne de Bab al-Azizia, en 2011, et de lui offrir l’asile au Sénégal. Le guide libyen déclinera la proposition, préférant mourir dans son pays.







