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Itinéraire d'un Sénégalais candidat à une élection municipale au Brésil


Rédigé le Mercredi 30 Septembre 2020 à 17:18 | Lu 267 fois | 0 commentaire(s)



Après une décennie au Brésil, Cheikh Mbacké Guèye, ce jeune natif de Guédiawaye, s’investit dans la politique. Agé de 32 ans, divorcé et père d’une fille, cet infographiste de profession compte briguer la municipalité du Caxias do Sul, deuxième ville la plus peuplée (415 822 habitants) de l’état de Rio do Sul, après la capitale Porto Alegre. Aujourd’hui, son souhait est de devenir gouverneur de cet état parmi les 27que compte le pays de la Samba, où il s’est installé depuis 2010. Dans cet entretien qu’il a accordé à «L’As», le candidat du parti Démocratique travailliste évoque son enfance, son parcours scolaire, sa relation avec les Sénégalais du Brésil et décline son programme pour les populations du Caxias Do Sul.


Itinéraire d'un Sénégalais candidat à une élection municipale au Brésil
 
Qui est Cheikh Mbacké Guèye ?

Cheikh Mbacké Guèye : Je suis Sénégalais. Je suis né il y a 32 ans à Guédiawaye, où j’ai passé presque toute mon enfance. A l’âge de 6 ans, mon père m’a amené à Touba dans un Daara pour des études coraniques. Ce qui fait que je suis un fervent Mouride. J’ai fait un an au Daara avant de revenir à Dakar où se sont installés mes parents. Mon père gérait l’imprimerie Cheikh Ahmadou Bamba qui était sur l’avenue Clémenceau actuelle Blaise Diagne. C’est par la suite que mon père a transféré l’imprimerie à Touba. Ce qui fait que j’étais entre Touba et Dakar. Par ailleurs, j’ai épousé une femme brésilienne. Nous avons une fille que j’ai baptisée Mame Diarra. Malheureusement, nous avons divorcé.

Quel est votre parcours scolaire et professionnel ?

Je n’ai pas fait d’études poussées au Sénégal. D’ailleurs, je n’ai pas obtenu mon baccalauréat. J’ai quitté l’école pour une formation en infographie. C’est au sein de l’entreprise familiale que j’ai appris en grande partie l’infographie, avant de m’inscrire dans une école à Dakar pour approfondir mes connaissances. Je suis un infographe et machiniste. Mais au Brésil, j’ai fait une formation en architecture.

Vous vivez depuis quelques années au Brésil. Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce pays ?

En 2010, j’ai décidé comme tout jeune Sénégalais, de tenter l’émigration. Je voulais être indépendant financièrement et avoir mon propre business. Comme mon grand frère vivait déjà au Brésil, il m’a invité à l’y rejoindre. Au bout d’un an au Brésil, j’avais presque maîtrisé le Portugais. Par la suite, on m’a mis en rapport avec des personnes qui maîtrisent mieux la langue. C’est dans ce cadre que j’ai aidé beaucoup de personnes, notamment des Sénégalais qui avaient des problèmes avec la langue. Ainsi, beaucoup de Brésiliens se sont investis à nos côtés pour nous aider à enseigner la langue aux personnes qui avaient des difficultés avec le Portugais.

Quelles sont les conditions de vie des émigrés sénégalais au Brésil ?

Le Brésil est un peu différent de beaucoup de pays, parce qu’il est composé de plusieurs Etats comme Rio de Janeiro, Sao Paolo, Rio Grande do Sul où je vis. Et chaque Etat est connu pour une activité bien spécifique. Par exemple à Rio de Janeiro, c’est le commerce qui domine le plus. La spécificité de Sao Paolo est l’industrie. Il est très facile de s’y intégrer. Toutefois, c’est un peu difficile d’avoir des papiers. Les Sénégalais essayent de gérer même si, comme on le sait, la vie des émigrés n’est pas du tout aisée. Les Sénégalais se débrouillent.

Vous vous êtes lancé en politique. Qu’est-ce qui a motivé votre candidature à une élection municipale dans l’état de Rio do Sul ?

Ce qui m’a poussé à faire la politique au Brésil, ce sont mes convictions. Il se trouve que le Brésil fait partie des pays où on n’a pas de difficultés pour obtenir des papiers. En plus, je fais partie des Sénégalais pour ne pas dire des Africains qui ont eu une bonne intégration dans le pays. Donc, j’ai jugé nécessaire de faire mieux, en participant aux élections pour faire partie de ceux qui décident dans le pays et votent les lois. Ce qui me permettra de prendre en considération les problèmes des Sénégalais et de les régler. Je suis candidat aux élections municipales dans la circonscription de Caxias du Sul située dans l’Etat de Riodo Sul, au sud du pays. Au Brésil, le maire représente ce qu’on appelle député au Sénégal. J’ai obtenu la nationalité en 2018.

Quelle est la source de votre engagement politique?

Je n’avais jamais rêvé faire la politique. Pour preuve, je ne connais même pas les partis politiques au Sénégal. Peut-être que c’est mon destin qui m’a conduit à faire de la politique mais franchement, ce n’était pas mon rêve. Ma principale ambition, c’est de soutenir les Sénégalais pour les sortir de leur situation. Mon plus grand souhait, c’est de devenir le gouverneur de l’Etat de Rio do Sul. J’ai une forte ambition de devenir le Président du Brésil, mais les textes me contraignent. Car, pour être le Président du Brésil, il faut être un fils du pays. La nationalité, à elle seule, ne suffit pas, même si elle permet d’ouvrir de nombreuses portes. Après les élections municipales, je compte briguer les plus hautes responsabilités à la tête du pays. Ce qui signifie que nous ne comptons pas nous arrêter en si bon chemin.

Quelle sera votre mission, une fois élu ?

Ma mission est simple. D’abord, il s’agit de valoriser l’éducation. Par conséquent, j’essaierai de proposer aux autorités brésiliennes un programme sur l’éducation, mais aussi sur la culture africaine. D’autant que les Brésiliens ne connaissent pas beaucoup l’Afrique. Mon objectif est d'aider les Sénégalais et les Africains à accéder facilement au pays afin qu’ils puissent travailler dans les administrations grâce à leurs diplômes. En fait, il y a beaucoup de diplômés dans ce pays et qui n’utilisent pas leurs diplômes pour travailler.

Quel regard portez-vous sur la politique du président Jair Bolsonaro?

Je ne veux pas trop m’avancer sur la politique du Président Jair Bolsonaro, parce que premièrement, nous ne partageons pas le même parti politique. Je milite au Parti Démocratique Travailliste (Partido Démocràtico Trabalhista (PDT)). Deuxièmement, pour beaucoup de Brésiliens, le Président Bolsonaro est un conservateur et réputé proche de l’armée. Pour d’autres aussi, il est très radical. Mais je crois qu’il est en train de travailler même s’il a des méthodes particulièrement radicales. Même dans ses propos, il est très percutant. Depuis qu’il est au pouvoir, il s’est efforcé de réaliser un certain nombre de ses promesses, surtout dans le domaine de la lutte contre le banditisme et le trafic de drogue. Sur le plan économique, force est de reconnaître qu’il y a beaucoup de difficultés.

Comment voyez-vous le paysage politique actuel sénégalais ?

Le milieu politique sénégalais est très agité. La parole politique a pris le dessus sur l’action politique. Beaucoup de ressources financières sont englouties dans des campagnes politiques. Les deniers publics sont constamment détournés. La différence entre le Sénégal et un pays comme le Brésil, c’est que les hommes politiques brésiliens sont strictement contrôlés. Et lorsque la justice met la main sur un homme politique, qu’il soit ministre ou Président, il va répondre de ses actes. D’ailleurs, la lutte contre la mauvaise gouvernance au Brésil, ce n’est pas uniquement l’affaire de la police et du gouvernement, mais plutôt de toute la population. C’est pour cela que les hommes politiques veillent strictement au respect des règles.

Actuellement, l’Etat a arrêté le financement des candidats à une élection municipale, à cause des soupçons de corruption et de détournements de fonds qui pesaient sur cette question. Par conséquent, chaque candidat doit chercher lui-même des fonds pour financer sa campagne. Même dans ce cas de figure, le candidat est appelé à justifier l’origine de ses fonds. Je pense que ces genres de lois sont aussi importants au Sénégal pour renforcer notre démocratie.



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