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Huit ans derrière les barreaux : Le parcours tumultueux du journaliste René Capain Bassène jusqu'à sa libération


Rédigé le Jeudi 28 Mai 2026 à 14:43 | Lu 51 fois | 0 commentaire(s)




Après plus de huit années passées derrière les barreaux, le journaliste d’investigation René Capain Bassène a retrouvé la liberté le mercredi 27 mai 2026. Sa libération, obtenue grâce à une grâce présidentielle accordée par le président Bassirou Diomaye Faye, vient clore l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles et controversés de la Casamance. Cette affaire, qui a débuté par un massacre d’une rare violence dans la forêt de Boffa-Bayotte, a profondément marqué la région de Ziguinchor et l’opinion nationale.

Le rappel historique d'un massacre en Casamance

Le 6 janvier 2018, quatorze exploitants forestiers partis chercher du bois dans la forêt de Boffa-Bayotte, au sud de Ziguinchor, furent pris en embuscade par des assaillants armés supposés appartenir au Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Le bilan dressé par la gendarmerie nationale fut dramatique : « 14 morts constatés, 7 blessés et trois personnes qui réussiront à s’échapper indemnes ». Les victimes avaient été « regroupées, couchées par terre et sauvagement exécutées », selon les autorités.

Un long feuilleton judiciaire marqué par la perpétuité

Une semaine après le drame, 22 personnes furent arrêtées, dont 16 placées sous mandat de dépôt. Elles étaient poursuivies pour 14 chefs d’inculpation, parmi lesquels l’association de malfaiteurs, l’assassinat, la participation à un mouvement insurrectionnel et la détention illégale d’armes à feu. Le procès, ouvert à Ziguinchor, s’est déroulé sous haute tension.

En première instance, le tribunal prononça la réclusion criminelle à perpétuité contre trois accusés : César Atoute Badiate, chef militaire du MFDC condamné par contumace, René Capain Bassène, et Oumar Ampoye Bodian. Mais en appel, le jeudi 29 août 2024, la cour confirma la peine de perpétuité contre René Capain Bassène, tandis qu’Oumar Ampoye Bodian fut libéré. Bassène se retrouva ainsi seul derrière les barreaux dans ce dossier. Tout au long de la procédure, il n’a cessé de clamer son innocence, dénonçant une « profonde injustice » et affirmant qu’il n’avait aucun lien avec les assaillants.

En avril 2025, affaibli par la maladie, il entama une grève de la faim illimitée pour protester contre ses conditions de détention. « Je refuse de mourir en silence dans l’ombre d’une erreur judiciaire », avait-il confié à ses proches, selon des témoignages relayés par la presse.

La grâce présidentielle comme signal d'apaisement politique

Sa libération, intervenue ce 27 mai 2026, apparaît comme un geste fort du président Bassirou Diomaye Faye. Elle met fin à un long feuilleton judiciaire qui a marqué la région de Ziguinchor et ravivé les débats sur la justice, la mémoire collective et le processus de paix en Casamance. Pour de nombreux observateurs, cette grâce présidentielle constitue à la fois un signal d’apaisement et une victoire symbolique pour la liberté de la presse, rappelant l’importance de protéger les journalistes dans les zones de conflit.



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