Alors qu’une « Marche des paniers vides » a été organisée ce samedi pour dénoncer la cherté des prix, l’économiste El Hadj Mounirou Ndiaye prédit que la hausse des prix devrait se poursuivre. Le chef du Bureau d’évaluation des politiques et programmes publics à la présidence de la République affirme que « des hausses, il y en aura. Il faut dire la vérité aux populations ». Il s’est exprimé lors de l’émission "Grand Jury" de ce dimanche 6 septembre 2026 sur la RFM.
Pour expliquer cette tendance à la hausse des prix, qui suscite de vives préoccupations, le ministre conseiller invoque notamment l’augmentation de la population mondiale, mais aussi la diminution de la part des productions agricoles destinée directement à l’alimentation humaine.
« Une grande partie de la nourriture qui aurait dû être consommée par les humains est maintenant utilisée pour du biocarburant, pour nourrir des bétails et ça rétrécit un peu l’offre qui est réservée à la consommation humaine », soutient-il, avant de rappeler l’évolution démographique mondiale.
« Nous étions 7 milliards il y a quelques années ; nous sommes 8 milliards. C’est une demande en plus », explique-t-il. Selon lui, cette progression de la demande exerce mécaniquement une pression sur les prix.
Miser sur la production locale
Face à cette situation, l’invité de Macoumba Bèye estime que le Sénégal doit principalement agir sur sa capacité à produire localement. « Il faut produire davantage », indique-t-il. Pour lui, l’objectif doit être de développer une véritable souveraineté agricole. « Il faudrait aujourd’hui que cette souveraineté agricole dont on parle, qu’on fasse des efforts », insiste-t-il.
Ainsi, l’augmentation de l’offre locale constitue, selon lui, une réponse structurelle à la hausse des prix. « Quand la production augmente et que l’offre augmente, les prix vont forcément baisser », dit M. Ndiaye sur les ondes de la RFM.
Il préconise surtout de renforcer la production agricole afin de réduire la dépendance aux importations. « Il faut aujourd’hui reconstituer la main-d’œuvre agricole qui s’est effritée », affirme-t-il, estimant que le développement de l’agriculture constitue l’une des réponses à la question du coût de la vie.
El Hadj Mounirou Ndiaye invite par ailleurs les Sénégalais à prendre conscience du coût lié à l’importation des produits alimentaires. « Aller prendre du riz jusqu’en Thaïlande, ça ne peut pas ne pas coûter cher. Il faut qu’on vous informe », fait-il valoir, appelant également à sensibiliser les populations sur les enjeux liés à la production locale.
L’économiste insiste enfin sur la nécessité de distinguer les réponses immédiates des politiques de long terme. « Nous faisons la différence entre le long terme et le court terme qui n’ont pas les mêmes logiques. Nous faisons la différence entre la statique, ce qui se passe tout de suite, et la dynamique, ce qu’il faut prolonger dans ce qu’il faut programmer dans la durée », explique-t-il.







