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Familles monoparentales au Sénégal: confidences de femmes et d’hommes à la vie chahutée


Rédigé le Vendredi 6 Novembre 2020 à 14:31 | Lu 298 fois | 0 commentaire(s)



​Le divorce est devenu une mode au Sénégal et particulièrement à Dakar. Selon les estimations d’experts, un couple sur trois se sépare avant même la deuxième ou la troisième année de vie conjugale. Conséquences : beaucoup de femmes assurent le rôle de père et de mère en même temps. Nombreux sont, également, les pères célibataires qui s’occupent de leurs enfants dont les mères ont quitté le foyer. Certains d’entre eux ont accepté de partager avec nous leur vécu quotidien.


L’existence de familles monoparentales est une réalité dans nos sociétés bouleversées par la modernité et l’individualisme. Ce phénomène, jusque-là inconnu dans nos sociétés, est occasionné par la multiplication des divorces entraînant la prise en charge des enfants, dans la plupart des cas, par les mères. Qui sont obligées d’assumer en même temps le rôle du père. Dans cette situation, les plus grands perdants restent bien sûr les enfants ballotés entre le père ou la mère. Leur éducation, santé, habillement et bienêtre etc., dépendent du parent qui est en charge de leur garde. Le plus souvent, ce rôle est dévolu à la mère, surtout si l’enfant est encore mineur. Car, c’est très rare dans nos sociétés que les pères restent avec les enfants en cas de divorce.

Depuis son divorce, Mariama C. vit seule avec ses trois enfants dont deux filles Zeyna (13 ans) et Amina (7 ans) et un garçon Fadel (9 ans). C’est elle qui s’occupe d’eux et les prend en charge. « Les charges sont lourdes sur mes épaules, mais je me débrouille. Après tout, ce sont mes enfants et je ne veux pas qu’ils sentent l’absence de leur père. Ce dernier, depuis notre séparation, a décidé de ne plus s’occuper d’eux après 15 ans d’union durant lesquels j’ai beaucoup supporté pour sauver mon mariage. Mais malheureusement, je n’en pouvais plus. Mon ex-mari passait tout son temps dehors. En plus, il prenait trop d’alcool. Franchement, je ne pouvais plus supporter tout cela. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé le divorce. Et depuis, il ne dépense plus 1 FCFA pour s’occuper de ses enfants », confesse cette mère de famille dépitée du comportement de son ex-époux qui vit en concubinage avec sa maitresse et nourrit les enfants d’un autre homme tout en délaissant ses propres enfants.

La situation est la même pour cette restauratrice. Hélène Sagna s’occupe depuis son divorce de ses enfants. « Mon mari est moi avons vécu 5 ans de mariage. Tout le temps, il se plaignait que ses revenus n’étaient pas suffisants pour nous entretenir et payer en même temps le loyer. Ayant de la compassion pour lui, je travaillais dur jour et nuit pour l’aider. L’eau et l’électricité étaient à ma charge ainsi que la scolarité des enfants. Au bout de quelque temps, j’ai découvert que rien de ce qu’il me disait n’était vrai. Parfois, il m’inventait des missions d’une semaine ou de quelques jours pour passer du beau temps avec ses conquêtes dans des auberges et hôtels de la place. Moi, comme une folle, je me battais pour joindre les deux bouts et prendre soin de ma petite famille. Un beau jour, alors qu’il avait oublié son téléphone portable en allant au travail, j’ai décidé de jeter un coup d’œil sur son appareil. C’est à cet instant que tout a basculé », raconte la bonne dame qui venait ainsi de découvrir les infidélités de son époux.

Le divorce qui s’en est suivi n’a pas pour autant changé le mari qui a abandonné sa famille. Laquelle est aujourd’hui à la charge de son ex-épouse. Toutefois, Hélène Sagna ne désespère pas de le voir un jour prendre en charge ses enfants. « Je pense que sa conscience ne lui permettra pas d’abandonner ses enfants si lâchement. Un jour ou l’autre, il reviendra vers eux, car après tout c’est leur père. De mon côté, je ne compte pas refaire ma vie si rapidement, car avec les hommes d’aujourd’hui, il faut faire très attention avant de s’unir », confie cette brave restauratrice très déçue du comportement des hommes.

"Mon mari m’a abandonné quand j’étais enceinte de mon deuxième enfant…" 
Comme pour ces deux femmes, la vie de M. Fall a elle aussi été chahutée. Notre interlocutrice aborde péniblement sa souffrance et peine même à sortir les mots de sa bouche tellement elle souffre. Selon elle, il lui est difficile de tourner cet épisode car son ex-mari l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte de son second enfant pour s’offrir une autre épouse sans lui en parler. « Enceinte de mon deuxième enfant, mon mari a commencé à changer de comportement. Parfois, il refusait même de m’adresser la parole. Il s’éloignait davantage de moi et j’ignorais les raisons. ‘’ Ndékétéyo’’ il avait pris une deuxième femme sans m’en parler. Ma belle-famille l’a forcé à le faire sans m’aviser. C’est quand j’étais à terme que j’ai su ce qui se tramait autour de moi », dit-elle.

Une trahison qui a failli lui coûter la vie. Elle demande le divorce et retourne chez ses parents. Avec son salaire d’enseignante, elle parvient à prendre en charge ses enfants sans attendre l’aide de leur père qu’elle essaie d’effacer de sa vie.

Ma femme me trompait avec un autre…
« Ma femme ne m’a pas demandé le divorce, mais c’est moi qui l’ai quittée lorsque j’ai découvert qu’elle me trompait avec un autre. Ce fut un coup très dur pour moi, car je ne le croyais pas capable d’une telle bassesse. Et pourtant, je ne lui ai jamais rien refusé. Tout ce qu’une femme rêve d’avoir dans son ménage, elle l’avait », confie ce cadre qui pensait avoir trouvé le grand amour et une vie calme. Séparé de son épouse, il a pris la responsabilité de garder ses enfants. « Au moins, avec moi, les enfants mènent une vie normale. D’ailleurs, c’est plus sûr pour leur éducation », a-t-il conclu. 

«Les enfants issus de ces familles monoparentales sont souvent vulnérables», affirme la sociologue Selly Ba
 
 
Familles monoparentales au Sénégal: confidences de femmes et d’hommes à la vie chahutée
« Il faudrait une politique dédiée à la famille pour encadrer davantage les couples sur les sens du mariage, les droits et les devoirs. Mais également, préparer les futurs mariés avant d’entamer la vie de couple », explique d’emblée la sociologue Selly Ba. Selon qui les familles monoparentales augmentent parce que c’est un phénomène lié aux multiples divorces. « Il y a un lien de cause à effet. Ça, c’est un fait. La cause des multiples divorces, c’est qu’on n’a pas encadré et préparé les futurs mariés à leurs responsabilités. A leurs droits et devoirs au niveau du couple aussi », éclaire la sociologue.

A l’en croire, beaucoup de facteurs entrent en jeu dans cette multiplication des familles monoparentales. Parmi ces facteurs, elle cite la situation économique, la question de l’emploi et celle de l’effritement des valeurs. « Le fait qu’aujourd’hui les femmes sont scolarisées et accèdent à des postes de décision, leur confère une certaine liberté. La femme qu’on a aujourd’hui en 2020 est différente de celle des années précédentes », explique Selly Ba. Ce qui fait que toutes les femmes qui sont dans cette situation d’aisance financière aspirent à plus d’autonomie confie notre interlocutrice. « … Il y a de moins en moins de mariages arrangés, c’est-à-dire les décisions qui se prenaient dans les couples n’appartenaient pas directement aux concernés (l’époux ou l’épouse), mais c’était aux parents, à l’oncle ou aux grands parents de régler les problèmes qui se passaient dans le couple », explique-t-elle. « Aujourd’hui, les gens se retrouvent dans la rue, dans internet ou dans d’autres lieux de rencontres et font connaissance. Parfois, une relation amoureuse nait et il y a mariage. Les gens ne prennent plus le temps de se connaître. C’est la raison pour laquelle les couples basculent vite », diagnostique Mme Ba.

A propos des enfants issus de ces familles monoparentales, la sociologue soutient qu’ils sont souvent vulnérables, très fragiles et influençables. « Parce qu’il y a l’affection soit de la mère ou du père qui leur manque. Et du coup, ça créée un vide autour de l’enfant. Il y a un besoin affectif qui fragilise davantage l’enfant. Et cela joue sur le plan psychologique. Mais, encore une fois, tout dépend de l’entourage familiale et du contexte familial ou baigne l’enfant », soutient Mme Selly Ba qui préconise que les futurs mariés soient préparés à une vie de couple pour saisir le vrai sens du mariage.

Le Témoin



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