Dans un entretien accordé au journal Le Soleil, le Pr Amath Ndiaye, économiste à la FASEG de l’UCAD, analyse les priorités du nouveau gouvernement. Selon lui, la nomination d’Ahmadou Al Aminou Mohamed LO intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué par « une crise de confiance financière, des contraintes budgétaires importantes et de fortes attentes sociales ». Dans ce climat, l’une des urgences sera de restaurer la confiance des investisseurs et des partenaires financiers afin de soutenir la relance économique.
L’expert identifie deux défis majeurs : la relance de la croissance et l’assainissement des finances publiques. Il souligne que les prévisions de croissance se situent désormais entre « 2,2 % et 2,5 % en 2026 », un rythme jugé « insuffisant pour absorber les besoins d'emploi d'une population jeune et en forte croissance ». Dans le même temps, « le poids de la dette et l'augmentation du coût de son service réduisent considérablement les marges de manœuvre budgétaires de l'État ».
Pour relever ces défis, le successeur de Ousmane Sonko pourra s’appuyer sur son expérience et sa crédibilité. Ancien directeur national de la BCEAO pour le Sénégal et ancien ministre, il bénéficie d’une « solide réputation auprès des acteurs nationaux et internationaux » et est présenté par l'interlocuteur du quotidien national comme « un homme de dialogue, capable de conjuguer rigueur technique et sens de l'intérêt général ». Des qualités qui pourraient l’aider à trouver un équilibre entre discipline budgétaire et réponses aux attentes sociales, notamment dans le cadre de réformes sensibles comme celles touchant aux « subventions énergétiques ».
Pour faire accepter ces réformes, l'économiste rappelle enfin que « l'État doit d'abord montrer l'exemple » en réduisant son train de vie, afin de garantir une juste répartition des efforts.







