Une mission de chirurgie réparatrice de mutilations génitales féminines (MGF), menée conjointement par des équipes sénégalaises et une association caritative ivoirienne, est en cours depuis le 17 juillet à l'hôpital Abass Ndao de Dakar.
En seulement trois jours, 50 femmes victimes de mutilations génitales féminines ont pu bénéficier d'une intervention chirurgicale entièrement prise en charge.
Cinquante femmes. Trois jours. Derrière ces chiffres se cachent des histoires de douleurs longtemps tues, de corps abîmés et en quête d'espoirs de reconstruction.
Depuis le vendredi 17 juillet 2026, l'hôpital Abass Ndao de Dakar est le théâtre d'une mission de chirurgie réparatrice dédiée aux victimes de mutilations génitales féminines (MGF), dont le bilan provisoire a été communiqué lundi par le docteur Raymond Alipio, médecin-chef de la maternité de cet établissement public de santé de niveau 3.
« Nous avons opéré cinquante malades en trois jours, entre vendredi et dimanche dans le cadre de cette mission de chirurgie réparatrice », a-t-il déclaré en marge des interventions, précisant que la mission se poursuivra jusqu'au vendredi 24 juillet 2026.
Initiée par l'hôpital Abass Ndao, cette opération s'inscrit dans un programme structurel de prise en charge des femmes victimes de MGF. L' établissement s'est fixé comme objectif d'opérer entre 350 et 450 patientes par année. Un engagement fort, mais qui se heurte à une réalité implacable : le manque de ressources financières.
« Cela demande des ressources financières considérables », a reconnu le docteur Alipio, soulignant que le coût moyen de la prise en charge complète d'une patiente est estimé à 253 000 F CFA.
Ce forfait couvre l'intégralité du parcours médical (consultations, examens biologiques, intervention chirurgicale, hospitalisation et médicaments). À cela s'ajoutent les frais d'accompagnement psychologique et sexologique, assurés par des spécialistes mobilisés dans différentes régions du pays.
L'appel est lancé aux bailleurs, aux associations et aux institutions internationales. Chaque franc investi dans ce programme, c'est une femme qui retrouve son intégrité.







