Dans un contexte où la réflexion sur l’Acte IV de la décentralisation bat son plein, les résultats du Pacasen constituent un réel enjeu. Les multiples innovations notées sont de nature à modifier positivement la trajectoire des collectivités territoriales. Un programme inspirant et assez transformateur.
Ce 24 septembre 2026 à Diourbel, un atelier régional de capitalisation a permis de dévoiler des résultats du Programme d'Appui aux Communes et Agglomérations du Sénégal (PACASEN). Présidé par le Gouverneur de la région, la rencontre a réuni le secrétaire général de l'Agence de Développement municipal (ADM), les préfets, les maires des localités concernées ainsi que de nombreux acteurs territoriaux. L’enjeu était de dresser le bilan des réalisations et de tirer les enseignements nécessaires pour pérenniser les acquis de la décentralisation.
Un modèle axé sur la performance et un soutien financier massif
Lancé en 2018, le programme avec l’appui de la Banque mondiale et de l'Agence française de développement , sous le leadership de l'État du Sénégal a créé un environnement favorable aux réformes du secteur de la décentralisation et du développement territorial . Le Ministère de l'Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l'Aménagement des Territoires, assurant la tutelle technique, a particulièrement incité les collectivités territoriales à une meilleure gestion en conditionnant une partie de leurs financements à l'atteinte d'objectifs de performance. Dans la région de Diourbel, le dispositif mis en place, profite directement à plus de 1,4 million d'habitants répartis entre les communes de Diourbel, Mbacké, Bambey et Touba Mosquée. Sur le plan administratif et financier, la région a montré une conformité exemplaire. Les quatre communes ont pleinement satisfait aux conditions minimales obligatoires et dépassé les seuils de performance fixés. En guise d’exemple, sur une enveloppe budgétaire initiale prévue de 15,25 milliards de FCFA entre 2019 et 2025, un montant total de 12,28 milliards de FCFA a été effectivement transféré. En raison de sa taille démographique, la commune de Touba Mosquée a capté plus de 8 milliards de FCFA, tandis que Diourbel a reçu 2,46 milliards, Mbacké 1,26 milliard et Bambey 529 millions de FCFA.
Des réalisations concrètes pour améliorer le cadre de vie et la gouvernance
La mobilisation des ressources financières a permis de réaliser plus de 80 projets correspondant aux besoins prioritaires identifiés par les citoyens, dans les processus de planification des investissements. Près de la moitié des réalisations concerne des secteurs sociaux essentiels tels que l'accès à l’hydraulique, la santé avec des maternités et postes de santé, ainsi que l'éducation. Concrètement, les réalisations sur le terrain comptent plus d'une trentaine d'écoles, plus d'une centaine de salles de classe, des kilomètres de réseaux d'eau et d'électricité, ainsi qu'une dizaine de kilomètres de routes revêtues. Au-delà des infrastructures physiques, le programme a fortement contribué à la modernisation de la gouvernance locale et des finances locales. Les services du Trésor et de la DGID ont pu bénéficier des appuis financiers du Programme pour projeter les collectivités territoriales dans l’ère de la modernité Des mécanismes de gestion des plaintes ont été installés avec des points focaux dans chaque commune pour mieux écouter les habitants. De nouvelles pratiques axées sur la redevabilité, la participation citoyenne et la prise en compte des enjeux environnementaux et climatiques ont été intégrées dans la gestion des collectivités.
Les enseignements tirés et l'appel à une seconde phase
Au-delà des succès probants, les acteurs locaux ont soulevé quelques difficultés persistantes, notamment les retards dans certains transferts de fonds, la lourdeur des procédures de passation des marchés publics et le manque de moyens dédiés à l'entretien des équipements. Pour surmonter ces obstacles, les participants recommandent de digitaliser davantage les outils de gestion, de renforcer le suivi et de mieux anticiper les démarches administratives. En tirant les leçons majeures de cet atelier, l'ensemble des élus, des populations et des autorités institutionnelles ont salué l'impact concret des investissements sur le cadre de vie. Ils ont réitéré leur souhait de voir le gouvernement lancer rapidement une deuxième phase du Pacasen afin de consolider ce patrimoine institutionnel au service du développement territorial.








