La scène politique sénégalaise connaît ses tensions et ses désaccords. Mais à certains moments, les clivages semblent s’effacer devant ce qui est présenté comme l’intérêt du pays. C’est dans cet esprit qu’Abdoulaye Wilane, porte-parole national du Parti socialiste (PS), revient sur la prise de parole du président Bassirou Diomaye Faye à New York et sur son soutien à la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations Unies.
Membre de l’opposition sénégalaise, Abdoulaye Wilane assume ses désaccords avec le pouvoir en place. Mais, dans une note, il estime que l’opposition ne doit pas empêcher de reconnaître une décision qu’il considère comme allant dans le sens des intérêts du Sénégal.
« Je suis un responsable de l’opposition. Mes désaccords avec le pouvoir actuel sont connus et ils demeurent. Mais être dans l’opposition ne signifie ni perdre le sens de l’État ni refuser de reconnaître ce qui va dans le sens de l’intérêt national », souligne-t-il.
Pour le responsable socialiste, le passage de Bassirou Diomaye Faye à la tribune des Nations Unies a été l’occasion de porter une voix qu’il juge conforme aux intérêts du Sénégal, notamment sur le multilatéralisme, le respect du droit international et la place de l’Afrique dans les instances de décision internationales.
Mais c’est surtout le soutien réaffirmé à la candidature de Macky Sall qui retient son attention. « Sur ce point, le Président Bassirou Diomaye Faye s’est comporté en chef d’État. Il faut savoir le dire », affirme M. Wilane.
Le porte-parole du PS reconnaît pourtant que les relations politiques entre les deux hommes sont marquées par une histoire récente faite de confrontations. Bassirou Diomaye Faye et Macky Sall ont, en effet, été à des moments différents de leur parcours dans des camps politiques opposés.
Pour M. Wilane, cette réalité ne doit cependant pas empêcher l’État de défendre ses intérêts au-delà des appartenances politiques. « Dès lors que l’État du Sénégal porte officiellement cette candidature, elle ne peut plus être regardée comme celle d’un parti ou d’un camp. Elle devient une candidature du Sénégal », écrit-il.
Il y voit une illustration de la continuité de l’État, au-delà des changements de majorité et des alternances politiques. « Les gouvernements passent, les majorités changent, mais la République demeure », rappelle-t-il.
Cette position ne signifie pas, à ses yeux, la fin des divergences avec le pouvoir. Elle traduit plutôt la possibilité, dans une démocratie, de distinguer le débat politique des intérêts nationaux. « On peut combattre des politiques publiques et respecter les institutions. On peut contester un gouvernement sans souhaiter l’échec de son pays. On peut aussi reconnaître un acte juste de son adversaire sans renoncer à ses convictions », insiste-t-il.
Abdoulaye Wilane appelle ainsi la diplomatie sénégalaise à continuer de porter la candidature de Macky Sall, tout en reconnaissant la complexité du processus de désignation du secrétaire général des Nations unies et les nombreux équilibres diplomatiques qui l’entourent. « Mais le Sénégal doit défendre cette candidature avec tous les moyens de sa diplomatie », estime-t-il.
Son message se veut moins partisan que national. Si la candidature de Macky Sall venait à aboutir, Abdoulaye Wilane estime que son éventuelle nomination dépasserait les clivages politiques sénégalais.
« Car si demain un Sénégalais accédait à cette responsabilité, ce ne serait la victoire d’aucun parti. Ce serait une victoire du Sénégal et une fierté pour l’Afrique », écrit-il.
Et de conclure : « Il existe des moments pour nos désaccords, légitimes en démocratie. Et puis il existe des moments où il ne doit rester qu’un seul camp : celui du Sénégal. »
À New York, Abdoulaye Wilane retient donc moins l’affrontement politique que ce qu’il présente comme un moment où, malgré les divergences, l’intérêt national peut prendre le dessus.







