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Coopérer ou subir : Le nouvel ordre américain en Afrique


Rédigé le Jeudi 6 Août 2026 à 22:42 | Lu 53 fois | 0 commentaire(s)




Donald Trump envisagerait de faire frapper directement l’armée américaine au Mali. La décision n’est pas encore officielle, mais selon le Washington Post, l’administration américaine étudierait sérieusement une intervention contre le JNIM, groupe djihadiste affilié à Al-Qaïda actif dans le pays. Problème : au moment où l’information a fuité, le gouvernement malien affirmait n’avoir reçu aucune demande officielle de Washington. Autrement dit, l’option militaire aurait été discutée avant même que les autorités maliennes ne soient consultées. Bamako a depuis rappelé que toute coopération devrait respecter la souveraineté du pays.

​Ce cas s’inscrit dans une séquence plus large. En décembre 2025, l’armée américaine avait bombardé des positions de l’État islamique au Nigeria. En mai 2026, de nouvelles opérations aériennes et terrestres ont été menées conjointement avec l’armée nigériane contre les terroristes : 175 combattants auraient été éliminés, selon l’état-major nigérian, tandis que Washington aurait déployé environ 200 militaires pour former les forces armées locales.

​Mais ce consentement nigérian serait intervenu après que Donald Trump a publiquement menacé d’intervenir militairement. Selon plusieurs sources médiatiques, Abuja aurait validé les opérations pour ne pas perdre la face, les États-Unis étant, de toute façon, déterminés à frapper avec ou sans son accord.

​Peut-on encore parler de partenariat lorsque le choix proposé se limite à coopérer ou subir des frappes malgré tout ?

​Cette pression dépasse la seule lutte antiterroriste. Washington aurait également fait pression sur plusieurs gouvernements africains pour qu’ils accueillent des migrants expulsés des États-Unis, y compris des personnes sans aucun lien avec le pays d’accueil. Le Tchad, sous cette même influence, a récemment annoncé son retrait de la Cour pénale internationale.

​Un schéma se dessine : quand Washington fait face à une crise migratoire, l’Afrique devient terre d’accueil ; quand il veut affaiblir les grandes institutions internationales, les pays africains sont sommés de suivre ; quand il s’agit de contrer la Russie ou la Chine, le continent redevient un terrain de compétition géopolitique.

​Reste alors plusieurs questions en suspens : Washington est-il en train de s’implanter durablement en Afrique sous couvert de lutte antiterroriste ? Que doivent faire les dirigeants africains pour affirmer leur souveraineté face à une administration Trump au mépris affiché pour le continent ? Assiste-t-on à l’ouverture d’une nouvelle ère dans les relations entre les États-Unis et l’Afrique ?



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