Durant toute la compétition, journalistes, reporters, photographes et cameramen ont accompli un travail remarquable. Dans des conditions souvent difficiles — longues journées, contraintes logistiques, pression du direct et exigence de l’instantanéité — ils ont informé, analysé, commenté et accompagné l’élan populaire autour de l’équipe nationale. Ils ont été les relais entre le terrain et le peuple, les témoins permanents de l’histoire en marche. Sans eux, l’exploit sportif n’aurait pas eu le même écho, ni la même portée nationale et internationale.
Pourtant, au moment de la reconnaissance officielle, cette presse a été totalement oubliée.
Sous le régime précédent, l’Association nationale de la presse sportive (ANPS) avait bénéficié d’un soutien financier conséquent. À l’issue d’une CAN précédente, une enveloppe de 35 millions de francs Cfa avait été accordée, reconnaissant implicitement le rôle central de la presse sportive dans la valorisation du football sénégalais. Cette fois-ci, le contraste est saisissant, voire choquant.
Le ministère des Sports s’est contenté d’une subvention de 3 millions de francs Cfa, destinée à couvrir 247 journalistes et cameramen ayant travaillé pendant la compétition. Un montant dérisoire, presque symbolique, qui ne reflète ni l’ampleur du travail fourni ni les sacrifices consentis par ces professionnels des médias. Rapporté au nombre de bénéficiaires, ce soutien devient insignifiant et soulève une question fondamentale : quelle considération accorde-t-on réellement à la presse sportive ?
Plus troublant encore, cette situation contraste fortement avec le discours officiel. Le président de la République, dans son allocution, n’a pas manqué de saluer « le travail remarquable de la presse » durant la CAN. Des mots forts, applaudis, mais restés sans traduction concrète. Car au-delà des félicitations verbales, aucune mesure tangible n’a suivi pour reconnaître ou soutenir cette même presse.
Aujourd’hui, cette absence de reconnaissance prend la forme d’un silence pesant. La presse sportive est non seulement sous-financée, mais désormais purement et simplement ignorée. Aucune invitation officielle, aucune audience, aucun geste symbolique ou matériel ne vient confirmer les éloges prononcés publiquement. Ce décalage entre le discours et les actes interroge et alimente un profond sentiment d’injustice au sein de la corporation.
Il ne s’agit pas ici de réclamer des privilèges, encore moins des faveurs. Il s’agit de respect, de considération et de reconnaissance institutionnelle. La presse sportive n’est pas un acteur secondaire du sport moderne ; elle en est un pilier. Elle participe à la construction de l’image du pays, à la promotion des talents locaux, à la mobilisation populaire et à la mémoire collective des exploits nationaux.
Ignorer la presse sportive, c’est affaiblir tout l’écosystème sportif. C’est aussi envoyer un message négatif à une jeunesse qui voit dans le journalisme sportif, une vocation, un métier noble et engagé. À terme, cette marginalisation risque de décourager, de précariser davantage une profession déjà confrontée à de nombreuses difficultés économiques et structurelles.
La CAN a montré un Sénégal uni, fier et victorieux. Mais cette victoire ne saurait être complète, tant que tous les acteurs ne sont pas traités avec équité. Reconnaître la presse sportive, ce n’est pas un luxe ; c’est une nécessité démocratique et culturelle.
Il est encore temps de réparer cet oubli. Les autorités doivent passer des mots aux actes et poser des gestes forts pour restaurer la confiance, valoriser le travail accompli et garantir à la presse sportive, la place qu’elle mérite dans le paysage national.
Car une nation qui célèbre ses héros sportifs sans honorer ceux qui racontent leur histoire, se prive d’une part essentielle de sa mémoire.
Pourtant, au moment de la reconnaissance officielle, cette presse a été totalement oubliée.
Sous le régime précédent, l’Association nationale de la presse sportive (ANPS) avait bénéficié d’un soutien financier conséquent. À l’issue d’une CAN précédente, une enveloppe de 35 millions de francs Cfa avait été accordée, reconnaissant implicitement le rôle central de la presse sportive dans la valorisation du football sénégalais. Cette fois-ci, le contraste est saisissant, voire choquant.
Le ministère des Sports s’est contenté d’une subvention de 3 millions de francs Cfa, destinée à couvrir 247 journalistes et cameramen ayant travaillé pendant la compétition. Un montant dérisoire, presque symbolique, qui ne reflète ni l’ampleur du travail fourni ni les sacrifices consentis par ces professionnels des médias. Rapporté au nombre de bénéficiaires, ce soutien devient insignifiant et soulève une question fondamentale : quelle considération accorde-t-on réellement à la presse sportive ?
Plus troublant encore, cette situation contraste fortement avec le discours officiel. Le président de la République, dans son allocution, n’a pas manqué de saluer « le travail remarquable de la presse » durant la CAN. Des mots forts, applaudis, mais restés sans traduction concrète. Car au-delà des félicitations verbales, aucune mesure tangible n’a suivi pour reconnaître ou soutenir cette même presse.
Aujourd’hui, cette absence de reconnaissance prend la forme d’un silence pesant. La presse sportive est non seulement sous-financée, mais désormais purement et simplement ignorée. Aucune invitation officielle, aucune audience, aucun geste symbolique ou matériel ne vient confirmer les éloges prononcés publiquement. Ce décalage entre le discours et les actes interroge et alimente un profond sentiment d’injustice au sein de la corporation.
Il ne s’agit pas ici de réclamer des privilèges, encore moins des faveurs. Il s’agit de respect, de considération et de reconnaissance institutionnelle. La presse sportive n’est pas un acteur secondaire du sport moderne ; elle en est un pilier. Elle participe à la construction de l’image du pays, à la promotion des talents locaux, à la mobilisation populaire et à la mémoire collective des exploits nationaux.
Ignorer la presse sportive, c’est affaiblir tout l’écosystème sportif. C’est aussi envoyer un message négatif à une jeunesse qui voit dans le journalisme sportif, une vocation, un métier noble et engagé. À terme, cette marginalisation risque de décourager, de précariser davantage une profession déjà confrontée à de nombreuses difficultés économiques et structurelles.
La CAN a montré un Sénégal uni, fier et victorieux. Mais cette victoire ne saurait être complète, tant que tous les acteurs ne sont pas traités avec équité. Reconnaître la presse sportive, ce n’est pas un luxe ; c’est une nécessité démocratique et culturelle.
Il est encore temps de réparer cet oubli. Les autorités doivent passer des mots aux actes et poser des gestes forts pour restaurer la confiance, valoriser le travail accompli et garantir à la presse sportive, la place qu’elle mérite dans le paysage national.
Car une nation qui célèbre ses héros sportifs sans honorer ceux qui racontent leur histoire, se prive d’une part essentielle de sa mémoire.








