Au Sénégal, la majorité parlementaire et l’Exécutif sont à couteaux tirés autour du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, avait menacé de faire bloquer son adoption, tout en posant ses conditions. En commission, le texte a essuyé un premier rejet.
Le Fonds monétaire international (FMI), qui a conclu avec le Sénégal un accord au niveau des services portant sur un programme de 2,2 milliards de dollars, dit suivre avec beaucoup d'intérêt cette situation.
"Nous suivons de près les discussions à l’Assemblée"
« Nous suivons de près les discussions à l’Assemblée nationale sur la loi de finances rectificative de 2026 et le projet de loi de finances pour 2027 », a déclaré ce jeudi Julie Kozack, directrice du département de la communication du FMI.
Lors de son point de presse, elle a souligné qu’il s’agissait d’un débat important. Selon elle, il n’est pas inhabituel que des discussions budgétaires de cette nature « donnent lieu à un dialogue et à des échanges approfondis au niveau national ».
Elle a toutefois insisté sur un point : « Un budget conforme aux paramètres convenus dans le cadre de l’accord au niveau des services et aligné sur les objectifs de cet accord, qui sont, bien entendu, ceux du Sénégal, est essentiel.»
"Un budget qui préserve les objectifs sera essentiel"
Parmi ces objectifs figurent le rétablissement de la viabilité budgétaire, la protection des ménages vulnérables et la préservation des dépenses publiques prioritaires. « Un budget qui préserve ces objectifs sera essentiel pour permettre au Sénégal de poursuivre son programme avec le FMI », a souligné Julie Kozack.
En effet, le groupe parlementaire Pastef avait justifié son opposition au PLFR-2026 par des désaccords sur certains arbitrages budgétaires, les modalités de financement retenues et l’insuffisance des garanties fournies à l’Assemblée nationale. Il avait également regretté que les préoccupations de la majorité parlementaire et les demandes de la commission n’aient pas reçu toute l’attention institutionnelle attendue.
« L’Assemblée nationale n’est pas une chambre d’enregistrement. Elle vote la loi et doit disposer de toutes les informations nécessaires à l’exercice de ses responsabilités », avait déclaré le groupe parlementaire.
Mardi, lors de la séance plénière, le gouvernement avait demandé le renvoi de l’examen du PLFR en commission afin de donner davantage de chances au dialogue. Les travaux de la commission des Finances et du Contrôle budgétaire doivent se tenir demain vendredi.







