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Bientôt 2 ans d’existence : le Pool judiciaire financier dévoile un bilan de 750 dossiers traités et plus de 100 milliards de FCFA saisis


Rédigé le Vendredi 11 Septembre 2026 à 10:53 | Lu 58 fois | 0 commentaire(s)




Invité de l’émission « Sans filtre », animée par le journaliste P. Niang, le procureur du Pool judiciaire financier, El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla, a dressé un bilan détaillé des deux premières années d’activité de sa juridiction.

Un bilan chiffré à quelques jours de l’anniversaire

D’entrée, le procureur a tenu à situer le contexte : « Je dois d’abord rendre grâce à Dieu, car jour pour jour, le 17 septembre 2026, le Pool judiciaire financier va boucler ses 2 ans d’activité effective. »

Il a ensuite détaillé le volume de travail abattu durant cette période : « Durant ces 2 ans, nous avons eu à poser un certain nombre d’actes et à traiter un certain nombre de dossiers. Nous avons traité 750 dossiers, parmi lesquels 610 sont pendants devant les cabinets d’instruction. Cela a entraîné l’arrestation de 1391 personnes, interpellées et déférées devant le Pool judiciaire financier. »

Une justice complexe, selon le procureur

Interrogé sur les critiques relatives à la lenteur de certaines procédures, El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla a livré une réponse ferme : « Je comprends cette perception, mais je ne la partage pas, car j’estime qu’elle ne correspond pas à la réalité , ni à la réalité judiciaire. »

Il a justifié cette position par la nature particulière des dossiers traités : « Ce qu’il faut comprendre, c’est que les dossiers que nous traitons ne sont pas des dossiers classiques. Ce sont des dossiers d’une certaine complexité, qui nécessitent un certain nombre d’investigations et impliquent plusieurs acteurs, nationaux et internationaux. Ainsi, à côté des juges d’instruction, plusieurs autres personnes interviennent : il faut souvent des ressources humaines et des compétences spécifiques, ou bien des demandes d’entraide dont les réponses doivent nous venir de l’étranger. Cela peut prendre du temps. Ce sont donc des affaires plus complexes que les affaires de droit commun. »

Il a néanmoins assuré que le taux de traitement restait total : « Malgré cette complexité et le temps que prend l’instruction de ces dossiers, je peux vous dire que tous les dossiers dont le Pool judiciaire financier (le parquet financier ) a été saisi ont été traités. »

Le traitement des rapports des organes de contrôle

Le procureur a ensuite passé en revue, organe par organe, les rapports reçus par sa juridiction depuis son installation.

CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières) : « À titre d’exemple, depuis l’installation du pôle, nous avons reçu 69 rapports de la CENTIF. Sur ces 69 rapports, 62 ont fait l’objet d’une saisine des cabinets d’instruction ; il n’y a que sept dossiers, reçus récemment, qui sont actuellement en cours d’exploitation. »

OFNAC (Office national de lutte contre la fraude et la corruption) : « Nous avons également reçu 11 rapports de l’OFNAC. Sur ces 11 rapports, 9 sont devant les cabinets d’instruction, 1 a été envoyé à la Section de recherches pour complément d’enquête, et 1 a déjà été jugé , les personnes visées ont été condamnées. »

IGE (Inspection générale d’État) : « Concernant les rapports de l’Inspection générale d’État, j’en ai reçu 9. Sur ces 9, 6 font actuellement l’objet d’une enquête , la Section de recherches et la DIC ont été saisies pour mener des investigations complémentaires. Pour les 3 autres, les juges d’instruction ont été saisis afin que le travail se poursuive à leur niveau. »

Cour des comptes : « Nous avons également reçu un rapport de la Cour des comptes. Ce rapport soulevait six points. Nous avons préféré les décliner en six enquêtes, confiées à la Division des investigations criminelles. » 

Le procureur a précisé le sort de chacune de ces six enquêtes : « Sur ces six enquêtes, quatre ont été bouclées et transmises au parquet financier ; deux sont pendantes devant les cabinets d’instruction. L’une d’elles doit être transmise au parquet de Dakar, car elle implique des personnes relevant de la compétence du tribunal de grande instance de Dakar. Enfin, l’une a fait l’objet d’un classement sans suite, avec une note transmise à la hiérarchie. » Il a ajouté : « Je pense que très prochainement, ces deux enquêtes seront bouclées pour être transmises au procureur de la République financier. »

Agent Judiciaire de l’État (AJE) : « Pour les affaires reçues de l’Agent Judiciaire de l’État, nous en avons reçu 20. Sur ces 20, 15 ont fait l’objet d’une ouverture d’information devant les cabinets d’instruction. Les 5 autres ont été envoyées en enquête, pour situer les responsabilités et déterminer la suite à réserver à ces procédures, actuellement pendantes devant la Division des investigations criminelles. » Il a précisé que certains de ces dossiers concernaient des personnalités relevant de la Haute Cour de justice : « Dans certains de ces dossiers figuraient des autorités relevant de la Haute Cour de justice ; ces procédures ont fait l’objet d’un détachement et ont été transmises à l’autorité compétente afin que la suite judiciaire nécessaire leur soit donnée. »

Le procureur a conclu ce volet en insistant sur un principe de transparence : « Dans un souci de transparence, ce sont là les principaux organes qui nous saisissent, et je vous ai donné les suites réservées à chacun des rapports reçus. À la fin de chaque mois, je dresse un état mensuel de tous les rapports reçus de la CENTIF et des suites qui leur ont été réservées. Je fais la même chose pour l’OFNAC. »

Plus de 100 milliards de FCFA de saisies et de recouvrements

Interrogé sur les progrès réalisés en matière de saisie et de recouvrement des avoirs illicites, El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla a répondu : « Là également, la réponse montrera que le travail se fait correctement et conformément à la loi. En 2 ans, en termes de saisies et de cautionnements en numéraire , c’est-à-dire les sommes saisies ou déposées à la Caisse des dépôts et consignations , le montant s’élève à 40 milliards 600 millions de francs CFA. »

Relancé pour confirmation, le procureur a validé ce chiffre : « Oui. » Il a ensuite détaillé l’ensemble des saisies opérées :

• une créance saisie d’un montant de 59 342 000 francs CFA ;

• des cautionnements en nature portant sur sept immeubles bâtis, d’une valeur de 4 milliards 630 millions de francs CFA ;

• la saisie de 118 véhicules ;

• la saisie de 60 titres fonciers, équivalant à plus de 200 hectares ;

• la saisie de deux appartements de type F3 et F4, dont la valeur n’est pas encore estimée ;

• plusieurs autres saisies de biens immobiliers.

« Au total, si l’on additionne les 40 milliards en espèces déposés à la CDC et la valeur des biens immobiliers saisis, on est à près de 100 milliards de francs CFA en 2 ans. En estimant la valeur des biens immobiliers, on dépasse même les 100 milliards », a-t-il précisé.

« Un avenir radieux » pour la jeune juridiction

Interrogé sur les perspectives d’évolution du Pool judiciaire financier, le procureur s’est montré optimiste : « C’est peut-être un avenir radieux, car c’est une jeune juridiction, en train de grandir, qui va gagner en maturité à mesure que tout le dispositif d’accompagnement de ce type de juridiction spécialisée sera mis en place. Je pense qu’un avenir réel attend le Pool judiciaire financier. »

Face aux critiques dont fait l’objet sa juridiction, il a insisté sur une qualité qu’il juge essentielle à sa fonction : « Je vous dis que le premier trait de caractère d’un magistrat doit être la sérénité en toute circonstance. » 

Enfin, interrogé sur l’impact réel de son institution sur la gouvernance et la transparence au Sénégal, à l’approche de son deuxième anniversaire, El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla a répondu sans détour : « Je pense que l’impact est réel, car les poursuites engagées au niveau du Pool judiciaire financier et de la Haute Cour de justice témoignent d’un souci de redevabilité et de transparence. Les enquêtes relatives à l’audit de la Cour des comptes en sont un bon indicateur, qui montre le souci de transparence et de redevabilité de l’État du Sénégal. »

Il a par ailleurs souligné l’attention portée par les partenaires internationaux à l’action de sa juridiction : « À cela s’ajoute le fait qu’aujourd’hui, les partenaires techniques et financiers inscrivent à leur agenda une visite ou des séances de travail avec le Pool judiciaire financier à chaque fois qu’ils se rendent au Sénégal. Depuis que je suis en poste, j’ai reçu, à chaque déplacement du FMI au Sénégal, une partie de la délégation, avec qui nous avons eu des entretiens , le dernier remonte à une quinzaine de jours. »

Il a conclu : « Cela montre que ce souci de transparence et de redevabilité est une préoccupation réelle de l’État du Sénégal, avec un impact à tous les niveaux. »

⚡ RÉSUMÉ EXPRESSgénéré par IA, vérifié par la rédaction


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