Après plusieurs semaines passées dans le bois sacré, plus de 800 jeunes initiés ont fait leur sortie à Carounate, en Basse-Casamance. Quarante-six ans après la dernière édition, le village de la commune d’Oukout (département d’Oussouye) a renoué avec le Bukut, rite initiatique ancestral du peuple Ajaamat. L’événement a été vécu comme une renaissance culturelle et spirituelle, marquée par la ferveur des tam-tams sacrés, des chants et des danses.
​Carounate s’est transformé en un haut lieu de communion et de célébration. Les ruelles et les places du village ont accueilli des foules venues de toute la Casamance pour assister à ce moment rare. Les familles, les notables et les autorités locales se sont mobilisés pour entourer les initiés, désormais appelés à franchir le seuil de la sagesse et à porter l’héritage ancestral. Les rythmes des tam-tams sacrés, les chants et les danses ont donné à la cérémonie une intensité qui dépassait le simple rite pour devenir une fête communautaire.
​Le Bukut est bien plus qu’un rite de passage. Il est une école de vie, une formation spirituelle et sociale où la jeunesse apprend discipline, solidarité et conscience collective. Dans le bois sacré, les initiés affrontent des épreuves qui forgent leur caractère et leur responsabilité. « Ici, on ne forme pas que des hommes. On forge d’abord des consciences », rappellent les anciens, insistant sur la dimension éducative et mystique de cette initiation.
​La sortie des initiés est aussi une démonstration de force et d’invulnérabilité. Les jeunes, après leur passage, deviennent les garants de la cohésion sociale et de la continuité des valeurs diola. Ils incarnent désormais la mémoire vivante de la communauté et la promesse de sa pérennité. Carounate, au cœur de la verte Casamance, s’est imposé comme un haut lieu de culture et de spiritualité, où chaque geste, chaque symbole, chaque chant rappelle la richesse du patrimoine Ajaamat.
​Ce Bukut de 2026 restera gravé dans les mémoires comme un moment historique. Il a réuni plusieurs générations dans une communion rare, renforçant les liens sociaux et réaffirmant l’identité diola. La jeunesse initiée porte désormais le flambeau de la tradition, prête à perpétuer l’héritage et à transmettre aux générations futures les valeurs de discipline, de solidarité et de respect des ancêtres.








