Une affaire de violences conjugales sur fond de soupçons mystiques a été examinée par le tribunal. La prévenue M. Sow est poursuivie pour coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité temporaire de travail (ITT) de sept jours, ainsi que pour mise en danger de la vie d’autrui.
À la barre, la partie civile A. Ndoye, première épouse, est revenue sur les faits. Elle explique s’être rendue chez sa coépouse pour prendre de ses nouvelles, cette dernière étant souffrante. « Je suis allée m’enquérir de son état de santé. En arrivant devant sa chambre, j’ai frappé à la porte. Lorsqu’elle est sortie, elle m’a violemment bousculée en m’accusant d’être à l’origine de sa maladie », a-t-elle déclaré.
Selon la victime, sa coépouse l’a accusée de l’avoir maraboutée, affirmant tenir ces révélations de son guide religieux. « Nous n’avions aucun problème auparavant. C’était la première fois », a-t-elle insisté. A. Ndoye a annoncé avoir pardonné à sa coépouse, un geste matérialisé par une lettre de désistement.
La chute qui a suivi cette altercation a eu de lourdes conséquences. « J’ai ressenti de fortes douleurs au ventre. Mon mari m’a conduite à l’hôpital, où le médecin a constaté des saignements », a-t-elle poursuivi. Enceinte de deux mois au moment des faits, elle a malheureusement perdu sa grossesse.
De son côté, la prévenue M. Sow, deuxième épouse du foyer, a nié toute intention de nuire. Elle a expliqué avoir agi sans conscience de ses actes en raison de son état de santé. « Je n’ai pas fait exprès. J’étais malade et comme inconsciente. Je ne comprends pas ce qui s’est passé. Nous vivions en bonne entente », s’est-elle défendue devant le tribunal.
Représentant le ministère public, le procureur de la République a estimé que les faits sont établis. Il a requis la culpabilité de la prévenue et sollicité une peine d’un mois de prison ferme.
Le tribunal a déclaré la prévenue coupable et l'a condamnée à un mois de prison ferme et à une amende de 100 000 FCFA.








