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Affaire du terrain de Ngaparou : Abdou Aziz Ndiaye et Awa Baldé s’affrontent devant le tribunal


Rédigé le Jeudi 25 Juin 2026 à 22:42 | Lu 49 fois | 0 commentaire(s)




Le tribunal correctionnel de Dakar a jugé l’affaire opposant le promoteur immobilier Aziz Ndiaye à la jet-setteuse Awa Baldé autour de la vente controversée d’un terrain de plus de 7.000 m² situé à Ngaparou. Dans un débat contradictoire, les deux parties ont donné leur version sur le prix réel du terrain et les engagements qui avaient été pris.

Une vente à 50 millions ou à 125 millions FCFA ?

Selon Awa Baldé, la convention conclue avec Aziz Ndiaye portait sur un montant de plus de 125 millions de FCFA, auquel devait s’ajouter la remise d’une villa clé en main. Elle affirme toutefois avoir accepté que l’acte signé fasse état d’un prix de 50 millions FCFA seulement, à la demande de l’homme d’affaires, qui lui aurait expliqué vouloir réduire les frais liés à la transaction.

La plaignante soutient n’avoir finalement reçu qu’environ 37 millions FCFA et aucune villa. Estimant avoir été lésée, elle a porté plainte contre Aziz Ndiaye et Élimane Lam, qu’elle considérait comme les acquéreurs du terrain.

Mais après une enquête menée par la Division des investigations criminelles (DIC), le dossier a été classé sans suite au Pool judiciaire financier. Refusant d’en rester là, Awa Baldé a engagé une citation directe contre Aziz Ndiaye devant la juridiction correctionnelle.

Aziz Ndiaye réfute toute manœuvre frauduleuse

À la barre, le commerçant importateur Aziz Ndiaye, administrateur de la société Aziz Business Company (ABC), a contesté les accusations d’escroquerie. Il a fourni une autre version, appuyée par des documents contractuels et des décharges signées. « C’est elle qui est venue vers moi pour me proposer la vente de ce terrain. Au départ, je n’étais pas intéressé. Elle a finalement accepté de me le céder pour 50 millions FCFA », a-t-il déclaré.

Selon Aziz Ndiaye, le terrain appartenait en réalité à l’ex-époux de la plaignante, qui ne disposait que d’une procuration pour le vendre. Il affirme avoir intégralement réglé les 50 millions convenus et même pris en charge les frais de mutation. Aziz Ndiaye soutient également que le terrain, acquis quelques années plus tôt pour environ 11 millions FCFA, n’était alors qu’un champ comportant un poulailler. Il assure n’avoir jamais été question d’une transaction à 125 millions FCFA ni de la remise d’une villa. « J’ai entendu parler pour la première fois des 120 millions lorsqu’elle a porté plainte contre moi devant le Pool judiciaire financier », a-t-il affirmé.

« Je lui faisais confiance comme à un frère »

Reprenant la parole, Awa Baldé a expliqué avoir agi en toute confiance envers Aziz Ndiaye, qu’elle considérait comme un proche. « Je le connaissais ainsi que sa famille. Je le considérais comme mon grand frère », a-t-elle déclaré devant le tribunal. Elle affirme que la vente devait lui permettre de faire face à des dépenses familiales urgentes, notamment les soins de sa mère malade. Selon son récit, Aziz Ndiaye lui avait promis une villa dans un futur programme immobilier ainsi qu’un paiement global de 120 millions FCFA. Après la signature des documents, elle dit avoir rencontré de nombreuses difficultés pour obtenir les sommes promises. La plaignante a également évoqué des échanges de messages téléphoniques qu’elle dit conserver dans son téléphone et a accusé le prévenu d’avoir tenté de la convaincre de revenir sur ses déclarations.

Les avocats de la partie civile plaident la fraude

Les conseils d’Awa Baldé ont plaidé l’existence de manœuvres frauduleuses. Pour Me Bachir Lo, le dossier repose essentiellement sur la relation de confiance qui existait entre les deux protagonistes. « Elle lui faisait une confiance aveugle. Aujourd’hui, on peut lui reprocher sa naïveté, mais cela ne retire rien aux engagements qui avaient été pris », a soutenu l’avocat.

De son côté, Me Ramatoulaye Ba a estimé que sa cliente avait été abusée par un professionnel de l’immobilier. Elle a sollicité une expertise destinée à déterminer la valeur réelle du terrain en 2018 afin d’établir si la vendeuse a été lésée. Même demande formulée par Me Ousseynou Ngom, qui a insisté sur la nécessité de connaître la valeur vénale du bien à l’époque de la transaction. Il a également sollicité la condamnation du prévenu et l’allocation de 200 millions FCFA de dommages et intérêts à la partie civile.

La défense invoque un simple litige contractuel

Face à ces accusations, les avocats d’Aziz Ndiaye ont soutenu qu’il s’agissait d’un différend purement civil et non d’une affaire pénale. Me Souleymane Soumaré a produit plusieurs documents, dont des décharges signées par Awa Baldé, attestant selon lui du paiement intégral du prix convenu. « Il existe un acte signé par les deux parties qui fixe clairement le prix à 50 millions FCFA. Notre client a versé l’intégralité de cette somme », a plaidé l’avocat. La défense a également soulevé la prescription des faits, rappelant que la transaction remonte à 2018 et que la plainte n’a été déposée qu’en 2025.

Pour Me Moussa Konaté, la plaignante a simplement regretté d’avoir cédé son terrain à un prix devenu dérisoire au regard des investissements réalisés par la suite sur le site. « Elle a vu la valorisation du terrain et a voulu revenir sur une vente régulièrement conclue », a-t-il soutenu, tout en demandant le rejet de la demande d’expertise.

Prenant à son tour la parole, Me Arona Basse a invité le tribunal à replacer le dossier sur son véritable terrain juridique. « Nous sommes obligés de donner à cette situation juridique la qualification qui s’impose », a-t-il déclaré. Selon l’avocat, les parties sont liées par un contrat de vente qu’elles ont librement négocié et dûment signé. Dès lors, le contentieux soulevé par la partie civile relève, selon lui, de l’exécution ou de l’interprétation d’engagements contractuels et non d’une infraction pénale. Pour Me Basse, aucun élément du dossier ne permet d’établir l’existence de manœuvres frauduleuses antérieures ou concomitantes à la vente, condition pourtant nécessaire à la caractérisation du délit d’escroquerie.

Les conseils du prévenu ont ainsi demandé au tribunal de constater l’absence d’infraction et de renvoyer Aziz Ndiaye des fins de la poursuite. Les avocats de la défense ont, en outre, sollicité la condamnation de la partie civile pour constitution abusive de partie civile et réclamé 10 millions FCFA de dommages et intérêts.

L’affaire est mise en délibéré au 23 septembre prochain.



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