Trois jours après l’audition de l’ancien directeur des Domaines, Abdou Gningue, devant la commission d’enquête parlementaire sur la gestion foncière et domaniale, le Collectif des victimes de démolitions de Tivaouane Peulh monte au créneau. Dans un communiqué de presse rendu public ce 12 octobre 2026, le collectif apporte des éclaircissements majeurs et exige l'exécution des engagements pris par l'État pour le recasement de 1 796 familles.
Face aux déclarations de l’ancien directeur des Domaines jugées « incomplètes », le collectif a tenu d'emblée à faire une mise au point juridique concernant le statut de la parcelle revendiquée. Portant le débat sur le terrain du droit, l'organisation précise :
« Contrairement à ce que pourrait laisser entendre l’affirmation selon laquelle les victimes ne disposeraient pas de titre, le collectif rappelle que l’assiette foncière concernée relève du titre foncier TF 6435/R, appartenant à l’État. Il convient de distinguer la propriété du titre foncier du bail accordé à la SIPRES, lequel constitue un droit de jouissance contractuel et non un transfert de propriété. »
Pour appuyer leur légitimité sur ce site de 20 ha, les sinistrés rappellent que leur situation découle de décisions administratives officielles prises au plus haut niveau à partir de 2019, suivies d'actes juridiques précis et de victoires devant les tribunaux.
"Cette assiette a été délimitée et implantée par les services compétents du cadastre, avec établissement d’un procès-verbal signé par le sous-préfet. Une autorisation de lotir portant le numéro 005316, en date du 28 mars 2022, a également été délivrée pour le projet", précisent-ils.
Le collectif rappelle en outre que le retrait de cette autorisation a été annulé par la Cour suprême, suivant l’arrêt n° 39/2023.
S'agissant du litige ou des réticences qui opposent les victimes au promoteur immobilier privé bénéficiant d'un bail global sur la zone, le collectif martèle qu'une société privée ne saurait bloquer une décision étatique d'intérêt social.
« Il ne revient pas à la SIPRES de décider seule du sort de cette assiette ni de faire obstacle, par sa seule opposition, à la recherche d’une solution définitive par les autorités publiques. Il appartient à l’État, en sa qualité de propriétaire du titre foncier, de prendre ses responsabilités. »
1 796 familles dans l'attente d'une régularisation
Au-delà de la bataille de procédures, le communiqué remet l'humain au cœur du dossier. Rejointe par le doyen d'âge de l'Assemblée nationale, l'organisation rappelle la détresse sociale qui dure depuis plusieurs années.
"Ce dossier concerne 1 796 victimes qui attendent depuis plusieurs années une solution à leur situation foncière. Derrière ces chiffres se trouvent des familles qui ont subi des démolitions et qui aspirent légitimement à retrouver leur dignité et leur sécurité".
Le collectif rejoint, sur ce point, l’appel lancé par le député Alla Kane, invitant l’État à assumer pleinement ses responsabilités.
Déterminées, mais ouvertes au dialogue, les victimes sollicitent directement l'arbitrage du chef de l'État et du gouvernement pour finaliser l'extraction des 20 ha et octroyer les titres d'occupation requis. Portant leur demande sous forme de plaidoyer républicain, elles concluent leur déclaration sur une note claire. « Nous ne réclamons aucun privilège. Nous demandons la mise en œuvre des engagements de l’État et la régularisation d’une assiette de 20 hectares destinée aux victimes de démolitions de Tivaouane Peulh».
Alors que la commission d'enquête parlementaire poursuit ses travaux, le collectif réaffirme sa volonté de collaborer avec les institutions pour parvenir à une issue juste, définitive et juridiquement sécurisée.








