Abdou Aziz Diop, âgé de 70 ans, professeur en sciences politiques, est jugé devant le tribunal des flagrants délits de Dakar pour discours contraires aux bonnes mœurs à l’encontre du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, et pour injure commise par le biais d’un système informatique envers un groupe de personnes.
Lors d’une émission sur YouTube, l’enseignant avait tenu des propos discourtois à l’encontre d’Ousmane Sonko et de ses militants. À la barre, Abdou Aziz Diop n’a présenté aucun remords. « Je reconnais avoir formulé ces propos. Mais je ne reconnais pas avoir commis un délit », a lancé l’ancien conseiller spécial du président Macky Sall.
Il s’explique : « J’ai tenu ces propos lors d’une émission d’1 h 34 min. Les propos incriminés ne durent même pas une minute. C’est un coup de gueule destiné à un groupe qui n’existe pas. C’est en tant qu’opposant que j’ai tenu ces propos. J’ai allumé une bougie pendant quelques secondes. Et des milieux de personnes, à travers le monde, ont éteint cette bougie. J’étais conscient qu’ils allaient réagir. Ils m’ont injurié sur les réseaux sociaux durant 72 heures », dit-il avant d’ajouter : « C’est un groupe qui appartient à la majorité et qui est extrêmement protégé. »
Le juge lui a demandé d’identifier le groupe auquel ses propos étaient destinés. Abdou Aziz Diop persiste : « C’était un coup de gueule destiné à un groupe qui a comme chef Ousmane Sonko », insiste le prévenu.
Le juge est revenu à la charge en lui demandant : « Traiter quelqu’un de “mbam all”, est-ce correct ? » Abdou Aziz Diop rétorque : « Oui, c’est correct dans un débat démocratique. Mais je ne fais pas référence à la vie sauvage. En revanche, ce qui caractérise Ousmane Sonko et son groupe, c’est qu’ils foulent aux pieds tout ce qui est conforme à la démocratie. Ousmane Sonko nuit chaque jour à la société », dit-il.
Ses conseils ont tenté de l’amener à regretter ses propos. Mais Abdou Aziz Diop est resté campé sur sa position.
Dans ses observations, le procureur de la République a estimé que les propos tenus par le prévenu étaient graves et correspondaient aux qualifications pénales retenues. « La liberté d’expression ne consiste pas à tout dire et à tout faire », a soutenu le représentant du ministère public.
Le maître des poursuites a requis une peine de six mois d’emprisonnement, dont trois mois ferme, ainsi qu’une amende de 500 000 FCFA.
La défense, assurée par Mes Aboubacry Barro, Me Latir et autres, a plaidé la clémence. Me Barro a rappelé des propos attribués à Ousmane Sonko, selon lesquels il invitait les Sénégalais à traiter le président Macky Sall comme l’ancien président du Liberia, Samuel Doe, afin de demander au tribunal de faire preuve de magnanimité à l’égard d’Abdou Aziz Diop.
L’affaire a été mise en délibéré au 7 juillet 2026.








