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Affaire ASER-AEE Power : Bachir Fofana fait « la lumière » sur les 37 milliards


Rédigé le Vendredi 12 Juin 2026 à 14:21 | Lu 80 fois | 0 commentaire(s)




Ce jeudi 11 juin, le journaliste Bachir Fofana a effectué la cérémonie de dédicaces de son Å“uvre « AEE POWER EPC, AEE POWER Sénégal : Lumière sur 37 milliards dans les ténèbres Â». Paru aux éditions le quotidien, le livre tente d’apporter des éclaircis sur une affaire qui ne cesse de faire parler.

Hasard du calendrier ou volonté de l’auteur, en tout cas, cette date du 11 juin est symbolique. Elle coïncide aux 2 ans du décaissement des 37 milliards de Francs cfa, correspondant à l’avance de démarrage, dans le cadre du marché d’électrification rurale impliquant l’ASER et AEE Power EPC. Pour rappel, ces fonds correspondent à l’avance de démarrage prévue pour le projet d’électrification de 1740 villages pour un montant total de 91,8 milliards. Une initiative d’envergure qui ne tient, pour le moment, pas toutes ses promesses et est entachée d’une nébuleuse autour de la destination des fonds. En effet, sur les 1740 bourgades à électrifier à terme, seules 40 ont vu, pour l’heure, la lumière d’après l’Agence Sénégalaise d'Électrification Rurale (ASER), Jean-Michel Sene. D’ailleurs, le projet semble avoir pris un coup d’arrêt - en partie - à cause de la suspension des fonds par la Banco Santander en raison de vives inquiétudes quant à l’utilisation des fonds déjà versés. Ces zones d’ombre, Bachir Fofana, journaliste-chroniqueur, a tenté de les rendre plus claires dans son tout premier ouvrage intitulé « AEE POWER EPC, AEE POWER Sénégal : Lumière sur 37 milliards dans les ténèbres ». Un ouvrage dont Mbaye Thiam, modérateur de la cérémonie de dédicaces a présenté comme « un document d’archive Â». Cette dernière qualification n’est pas anodine car, elle fait référence à l’autre domaine de compétence de Bachir Fofana qui est l’archivistique. Pour la préface du livre, l’auteur s’est tourné vers Elimane Haby Kane, ancien directeur exécutif du Forum Civil. « C’est un ouvrage de référence dans la qualité journalistique (…), c’est un document qui est bien renseigné, bien informé. C’est vraiment une approche de journalisme d’investigation Â», a-t-il déclaré lors de sa présentation de l’œuvre. Il considère, par ailleurs, que ce produit vient à point nommé et pourrait devenir une référence dans la promotion de la transparence et de la commande publique.

Elimane Haby Kane : « Une démarche qui n’est pas accusatrice mais explicative Â»

« Cet ouvrage n’a pas pour objectif de désigner des coupables encore moins de servir des intérêts partisans Â», ses mots sont de Bachir Fofana dans l’avant-propos. Une déclaration que le préfacier semble avoir trouvé rassurant : « effectivement, il est resté dans une démarche méthodique. Une démarche qui n’est pas accusatrice mais explicative sur la base d’une investigation rigoureuse qui justifie les pièces-jointes Â». Outre cet exercice de sincérité, l’acteur de la société civile a été marqué par le style de l’auteur. Selon lui, « il arrive à démontrer le sens profond de manque d’efficacité dans l’exécution de la commande publique par rapport à l’ampleur des besoins sociaux urgents. De ce point de vue, détourner un franc dans une commande publique pour exécuter des infrastructures qui sont destinées à répondre aux besoins des Sénégalais, c’est scandaleux Â». Le dénouement dans cette affaire, le préfacier estime que nous en sommes loin en raison des derniers éléments de l’affaire. « Mais, cet ouvrage et les conclusions de Bachir nous invitent, effectivement, à cette vigilance citoyenne mais, également, donne des orientations incisives pour renforcer la transparence de la commande publique Â», dit le préfacier qui précise que Bachir Fofana souhaite une refondation la gouvernance de l’action publique dans le pays.

C’est un costume bleu et une cravate rouge bordeaux que l’initiateur de l'événement s’est présenté au pupitre. A l’entame de ses propos, il a remercié tous les intervenants et les personnes ressources qui l'ont aidé dans la collecte. Restant cohérent dans sa ligne journalistique, Bachir Fofana déclare que son livre s’appuie sur des faits. Il considère que « quand les opinions divergent, la seule chose sur laquelle nous pouvons nous entendre ce sont les faits Â». Un livre de « preuve Â», « d’opinions trahies Â», c’est avec ces termes que le néo-écrivain qualifie ce marché « colossal Â».

Un travail de longue haleine

Comme il est d’usage pour une investigation, une question centrale s’impose. Pour celle-ci, elle est : « comment a-t-on pu dans un marché de 92 milliards décaisser 37 milliards équivalent à 40% du marché et que l’on en soit à la date du 19 décembre 2025 à 25 villages électrifiés sur 1740 à électrifier Â». La méthode vantée par Elimane Haby Kane, l’auteur l’a détaillée. « Nous avons regardé les documents, nous avons regardé les rapports, nous avons regardé les décisions de justice, nous avons regardé les communications publiques des différents intervenants, nous avons regardé des échanges internes Â», a-t-il dévoilé. Poursuivant, l’écrivain a brandi une pile de documents reçus d’une source anonyme. Ces dossiers en main et réflexe de journaliste oblige, Bachir Fofane confie avoir procédé, dans un premier temps, à une vérification pour s’assurer de leur véracité puis à un approfondissement fruit de son enquête. « Ã‡a, c’est juste une partie des documents utilisés. Car, pour faire ce travail, il nous a fallu pas moins de 600 pages de documents que nous avons lu, relu, analysé et synthétisé. Il nous a fallu pas moins de 50 heures de vidéos que nous avons consultées Â», explique-t-il. Faire sensation ou remettre une couche sur une polémique déjà vive, à l’en croire, n’est pas l’objectif de l’auteur. Il assure s’être focalisé sur la mise en avant de mécanismes ayant permis qu’« un projet vital Â» pour des milliers de familles dans le monde rural se « transforme en crise nationale Â». Ce que l’auteur trouve d’autant plus désolant, c’est le peu d’importance qu’il semble avoir aux yeux des autorités judiciaires. A titre d’exemple, il a cité l’affaire relative à la gestion des fonds force Covid qui s’élève à 6 milliards de Francs Cfa. Une somme qui a poussé le Procureur général, le procureur de la République et celui du Pool financier à faire face à la presse le 17 avril 2025. « Voilà que 37 milliards ont disparu, aucune communication officielle, aucune communication venant de là où on devait l’attendre Â», pense-t-il.

Bachir Fofana : « les citoyens méritent la lumière au sens propre comme au figuré Â»

Plus loin, il a réitéré sa volonté d’apporter des explications dans cette affaire sans pour autant pointer qui que ce soit du doigt : « ce livre n’accuse pas, il expose, il ne cherche pas le vacarme, il cherche la clarté et la lumière. Il rappelle une vérité simple ‘un Etat n’est fort que s’il accepte d’être vérifi钠». Ce livre est aussi une sorte de contribution citoyenne en entendant son auteur. Il espère que son initiative permettra de normaliser « la redevabilité Â» par respect des citoyens et du « sens de la république Â». Puisqu’il est question d’électricité, Bachir Fofana fait une comparaison imagée : « les citoyens méritent la lumière au sens propre comme au figuré Â». Cette séance de dédicaces a été honorée par la présence massive de visages bien connus du monde politique et médiatique. Présent dans l’assemblée et ayant pris la parole pour une réaction, Thierno Alassane Sall a félicité l’auteur pour son initiative. L’homme qui porte ce combat depuis le début a déclaré que d’autres rebondissements sont attendus. A ce sujet, il donne rendez-vous à la presse ce vendredi 12 juin. Suite et pas fin du dossier des 37 milliards.



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