Le procès d'un homme jugé pour avoir spolié de plus de 800 000 euros une femme de 49 ans son aînée, en se pacsant avec elle avant de la cloîtrer au Maroc, s'est ouvert lundi devant la cour criminelle des Pyrénées-Atlantiques.
Ce Français, âgé de 46 ans aujourd'hui et en détention provisoire depuis 2023, comparaît pendant deux jours à Pau pour enlèvement, séquestration, abus de faiblesse et blanchiment d'argent.
En 2019, l'accusé rencontre la victime en se présentant comme vendeur de vins et comprend que la vieille dame, âgée alors de 88 ans et veuve de longue date, n'a ni enfants ni entourage proche.
Il la convainc qu'il peut prendre soin d'elle, lui fait quitter son logement dans le Béarn et, en février 2020, il se pacse avec cette femme de 49 ans son aînée qui lui donne, devant notaire, procuration sur ses avoirs financiers.
Les malversations présumées débutent deux semaines plus tard. Selon l'accusation, l'homme clôture les comptes bancaires et les contrats d'assurance-vie de la victime pour récupérer 830 000 euros au total. Il lui fait acquérir des biens immobiliers via la constitution d'une SCI et détourne sa pension de retraite de 1 300 euros mensuels.
Après avoir emménagé dans « au moins trois logements différents », la désormais nonagénaire quitte la France pour le Maroc en 2022, emmenée par l'accusé. Dépossédée, elle vit chez la famille de la nouvelle compagne de cet homme. Les enquêteurs la découvriront cloîtrée dans une pièce d'environ trois mètres carrés, avec une fenêtre et des toilettes à l'entrée.
L'alerte est venue en 2023 d'une intermédiaire en création d'entreprises à laquelle l'accusé avait fait appel. « Interloquée » par la différence d'âge après avoir reçu par erreur une copie du PACS, elle avait signalé la situation à un neveu éloigné de la victime.
« En s'accaparant ses économies, sa pension et sa carte bancaire, il l'a rendue dépendante de lui, supprimant son libre arbitre et sa liberté d'aller et venir, accentuant la désorientation de cette vieille dame pour finir par l'envoyer définitivement au Maroc, pays qui lui est totalement inconnu », estime l'accusation.
Interpellé lors d'un retour en France, le mis en cause, qui encourt 20 ans de réclusion criminelle, conteste les faits, assurant avoir toujours eu le consentement de la victime. Celle-ci est décédée en 2025, à 94 ans, dans une maison de retraite de Casablanca.
Initialement renvoyé pour complicité devant la cour criminelle départementale, le notaire a bénéficié d'un non-lieu devant la chambre de l'instruction.








