Au Sénégal, une rumeur persistante laisse croire qu'il serait plus facile d'obtenir un visa pour le Canada par le biais d'une demande d'asile une fois sur place. Interpellé sur ce sujet, le chef de programme adjoint-immigration, réfugiés et citoyenneté Canada (IRCC), Emmanuel Lussier, a démenti cette allégation.
« Non, la réponse c'est non », a-t-il d'emblée répondu, ce mercredi 8 avril, à la salle Assiétou Guèye de la chancellerie de l'ambassade du Canada à Dakar, lors d’une séance d'information destinée aux professionnels des médias sur l’immigration et la lutte contre la fraude.
Selon lui, la personne qui souhaite faire une demande d'asile au Canada doit défendre son dossier et monter un cas solide. Les autorités canadiennes mènent des recherches sur les conditions dans le pays d'origine, en l'occurrence le Sénégal, et interrogent le demandeur de façon exhaustive. Si la personne est jugée non crédible, elle peut être renvoyée du territoire canadien.
Des mécanismes d'appel existent, mais dans le meilleur des cas, le demandeur vit dans l'incertitude juridique pendant des années, dans l'attente d'une décision et peut éventuellement faire face à une mesure d'expulsion.
« C'est un processus périlleux, extrêmement risqué et qui ne porte pas toujours ses fruits » a souligné la source, ajoutant que les taux de rejet des demandes sont « assez importants ».
« Ce n'est donc pas du tout facile et pas du tout conseillé », a conclu M. Lussier sur ce point.
Sur la possibilité pour l'ambassade de mener une enquête afin de déterminer si une personne mérite d'obtenir un visa dans ce contexte, la réponse a été claire : « Non, absolument pas.»
Il a été précisé que ce n'est pas à l'ambassade d'enquêter sur d'éventuelles demandes d'asile, car cela relève d'autres services une fois que la personne est au Canada.
L'ambassade du Canada à Dakar se préoccupe des visas permettant d'accéder au territoire canadien : visas touristiques, permis de travail, permis d'études et visas d'immigration. Un programme de rétablissement des réfugiés existe bien pour les réfugiés se trouvant au Sénégal. Mais de manière générale, « une fois que la personne est en territoire canadien, le mandat de l'ambassade est largement terminé », a-t-il rappelé.








